MY DYING BRIDE - As the flower withers - 1992 ( Peaceville )

Tracklisting

1 Silent dance
2 Sear me
3 The forever people
4 The bitterness and the bereavement
5 Vast choirs
6 The return of the beautiful
7 Erotic litterature

15/20

Vous connaissez sans doute l'effrayante tête de cheval planquée dans les rideaux du tableau "Le cauchemar" de Füssli. Cette image a hanté mon adolescence depuis que j'ai lu un livre signé Edgar Poe dont la couverture la reproduisait. Hé bien la voix death sèche et brûlante du père Stainthorpe sur "Trinity" et sur ce premier album me fait souvent revenir en mémoire la tête de cheval. Je ne sais pas pourquoi. Certaines parties de guitares horrifiques prolongent le mystérieux effet et donnent sa couleur particulière à un doom death qui se cherche encore. Rappelons que Trinity, également chroniqué sur notre site, est une compilation tardive (1996) de vieilleries du groupe et que As the flower withers est lui-même, vu d'aujourd'hui, une antiquité. My dying bride ne pratique en effet pas encore le doom death nunuche qui n'apparaîtra qu'à partir du deuxième album, l'excellent Turn loose the swans, et qui inspirera toute la scène "gothic doom death de lover" à venir, mieux sans doute que ne l'ont fait ses deux compères de l'époque. Vous savez, les poulains de l'écurie Peaceville. D'un côté Anathema et son ambition artistique plus modeste ; de l'autre Paradise Lost qui, dès 1991 et l'album Gothic, assurait la promo de ses riffs les plus velus à grands coups de mélodies lumineuses. My dying bride restera finalement le grand gagnant de la bande, car le plus intègre, jusqu'à l'album de 1998 (inclus). Je ne me prononcerai pas, dans la présente chronique, sur l'après 1998.

Les passages doom aux riffs noirs et décharnés, amples et désespérés, abondent ici. Une poésie malade suinte par tous les pores du son tandis que des paroles énigmatiques et chiadées nous font deviner une inspiration plus infernale, plus extrême en tout cas, que ce qu'on a l'habitude de retenir de ce groupe. As the flower withers garde donc une certaine valeur historique en plus de ses qualités. S'il est peu probable que vous aimiez autant tous les titres (d'où la note qui peut paraître basse pour un disque historique), le niveau moyen est plutôt élevé et il faut d'ailleurs absolument signaler que les passages les plus death se montrent moins patauds que ceux du EP "Symphonaire infernus et spera empyrium", ce qui n'est pas du luxe. Ainsi "The forever people" est un excellent titre basique dans le bon sens du terme. Il commence comme du gros death à tête de cheval et se termine comme un précurseur d'une des mille sous-scènes baptisées "dark metal" dans la deuxième moitié des années 1990. Que dire par ailleurs de la culte et magnifique intro (reprise à la fin) de "Sear me", qui préfigure plusieurs des grands travaux à venir dans le metal romantique ? Rien que le son de basse du début fout à genoux, et son enchaînement avec l'intro atmosphérique "Silent dance" rend le début du disque particulièrement jouissif. En plus la pochette est géniale.