Fleshpress - Pillars - 2007 (Kult Of Nihilow)

Track listing :
6 titres

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Commençons par meubler un peu cette chronique en nous la jouant factuel. Le groupe finlandais officie depuis 2000, on pourrait le voir comme un des nombreux side project de Mikko (le main man de Clandestine Blaze). Clairement lourde et lente, la musique de Fleshpress s’adresse avant tout aux amateurs de gros accords et d’ambiance lourde et répétitive. Nécessitant plusieurs écoutes et du temps, ce release offre son lot. Hypnotique et répétitif, il est, modérément, multi facettes. On va trouver des tempos finalement variés pour le style puisqu’on a pas mal d’incursions sludge, dans la forme (riffs, voix, larsens) comme dans le fonds (lassitude toxico dépressive), comme sur « disciples of nothingness », voir stoner (dans le 1) , des accélérations (fin de « I am you sacrifice » et fin du 4eme titre) voir du quasi beumeuh (fin du 5eme titre), un coté « post » (Isis ? mais pas le coté pédant ! comme sur le début du 4eme titre ou le 5eme titre), des riffs en son semi-saturé (3eme titre), du « solo » fuzzy/noisy (4eme titre) et de l’ambient/drone (la totalité des plages 2 et 7 ainsi que certaines intros). Cette variété est toute relative le groupe étant principalement, sur la longueur, basé sur la répétition, les tempos lents et n’hésitant pas à longuement laisser s’écouler des drones et des riffs simplistes en son semi clair. Le 3eme titre illustre bien le propos avec sa fin écrasante, et sa note longuement répétée puis enrichi de 2 autres notes ! (je précise : j’adore). On pourra gloser sur le fait que le groupe, à l’instar de « disciples of nothingess », écrit des titres de 3 minutes et nous écrase ensuite de riffs à 2 ou 3 accords parcourus de quelques gimmick pendant les 10 minutes suivantes (sans compter l’intro). En effet, on pourrait voir ça ainsi et du coup c’est « on aime ou pas »...i.e. soit c’est l’emmerdement soit on est hypnotisé. Etant amateur d’ambiances simples et de subtiles variations dans l’intensité, je suis bon candidat.

La fin du 4eme titre permet de gouter à un groove et quelques effets de clavier sympa mais illustre un besoin d'être dans un certain état d’esprit tant le plan tourne longtemps (on parle de 10 minutes)...attention, le groupe manipule pas trop mal l’intensité avec un tempo variant légèrement, une batterie s’emballant peu à peu, un toucher dans le jouée de gratte bref. Neurosis me vient à l’esprit pour ces plages ou la pression monte peu à peu. Bref on véhicule un état d’esprit pas jouasse...donc avec un coup dans le nez dans une période un peu dépressive on se retrouve dans un petit cocon d’émotion négative.

Bref sans être genialissime, notamment un 1er titre à l’intro laborieuse et des accélérations pataudes, quelques maladresses de ci de là et fatalement quelques longueurs (certains plans pourraient tourner moins longtemps), Fleshpress est assez varié et distille un petit truc misanthropique de bon aloi. Il reste qu’il faut aimer les trucs hypnotiques et long à se mettre en place (6 titres 1h17). Peut être pas le groupe de l’année mais il y a un truc du fait d’une unité de style maintenu tout en ayant plusieurs cordes à son arc.