EXODUS - Fabulous Disaster - 1989 ( Combat )

1. The Last Act of Defiance
2. Fabulous Disaster
3. The Toxic Waltz
4.Low Rider
5. Cajun Hell
6.Like Father, Like Son
7. Corruption
8.Verbal Razors
9.Open Season
10.Overdose

16/20

Ultra culte, Exodus n’en a pas moins souffert d’une fâcheuse tendance à l’inconstance en terme de qualité. Cela a tué ce groupe, pourtant bien parti pour cartonner dans la scène thrash après un « bonded by blood » d’anthologie. Bon il y a aussi le fait que « Bonded By Blood » est sorti un ou deux ans trop tard soyons honnête. Autant être clair de suite, le groupe revient fort avec ce « Fabulous Disaster » considéré par beaucoup comme le meilleur du groupe après « Bonded By Blood ». Pour ma part je préciserais même qu’il arrive à peine quelques cheveux de « Bonded By Blood »

Depuis "Bonded By Blood" le groupe prend le temps de poser ses chansons, de développer, tout en gardant cette propension à donner une furieuse envie d’headbanguer. En résulte des ambiances un peu plus diversifiées, que soit coté fun, grande constante d’Exodus, sur « Toxic Waltz », ou sombre sur l'excellent « Like Father Like Son » ou Exodus s'étend 8 minutes. Dans tous les cas la virulence reste de mise, grâce aux riffs incisifs délivrés par Holt et Hunolt. Paire de gratteux qui ferait presque oublier le sympathique travail de Rob Mc Killop à la basse et un Hunting plutôt carré à la batterie.

Les puristes pourront toujours gueuler sur l’absence du tueur de posers que fut Paul Baloff mais je trouve que Steve "Zetro" Souza, ex Legacy (première mouture de Testament), ne vole pas sa place. Son timbre nasillard et sa façon parfois gouailleuse fleurant bon l’ironie de délivrer ses lignes rendent bien. Coté vocaux, on trouve aussi de bon vieux chœurs virils, qui sauvent, en flattant ma nostalgie, un titre comme « Corruption ». J’ai même envie de dire que Zetro est plus sobre que Baloff et qu’avoir virer la reverb à fond utilisée sur « Bonded By Blood » améliore le département vocal comme dirait les ricains.

Les paroles ont clairement fait un bond en avant par rapport à Bonded By Blood. Pour autant on replonge parfois en pleine imagerie guerrière du thrash sur le génialissime « Toxc Waltz », la valse toxique, véritable hymne au stage diving au slam et aux fosses endiablées. « Last Act... » raconte l’horreur de la prison. Bref on retombe dans cet aspect d’opposition au pouvoir du thrash typique d’une certaine frange de groupe. Rappelez-vous le sujet quasi couvert par tous les groupes : la guerre froide et l’armement nucléaire et chimique. Tous les groupes de thrash ont chanté sur ces épées de Damocles. Là, c’est sur l’excellent « Fabulous Disaster » et son refrain d’anthologie que le sujet est abordé. Le groupe bave sur la corruption des politiques, sur « Corruption » et « Verbal Razors », aborde le sujet de l’enfant battu sur « Like Father like son » à l’ambiance grave…

Si on égrène les titres à retenir, force est de constater que ça démarre sur 3 titres monstrueux, parmi les meilleurs du groupe. Malheureusement, Exodus n’est pas seulement irrégulier entre ses albums mais aussi au sein de chaque album. Pour preuve les 2 reprises, «Low Rider » horripilant, et Zetro en rajoute, et « Overdose » reprise de AC/DC ni bonne ni mauvaise certes. Bref on a que 8 vrais titres à se mettre dans les oreilles. « Cajun Hell » donne dans ce thrash groovy que je trouve un peu trop facile pour un groupe de ce calibre. C’est ce coté fun qu’a toujours eu Exodus et autant c’est jouissif sur « Toxic Waltz » autant là c’est d’un gavant. Il faut au moins un monstrueux « Like Father like Son » assez noir mais toujours virulent pour se rattraper. Très long et très bon, ce titre a un vrai feeling menaçant, combiné à un riff de chorus plus thrash tu meurs, à des lignes vocales bien mémorisables, des solis poignants etc. Archétype de la chanson thrash US sombre à mes yeux. « Open Season » vaut carrément le détour coté musical par une débauche de riffs trashy et une ambiance terrible posée à la fin du titre qui voit la paire Holt/Hunolt nous rappeler pourquoi ils sont considérés comme un duo majeur de la six cordes dans le thrash. Pour autant, Zetro me gave un peu sur certaines parties de ce titre ou ressort son coté parfois horripilant/gentillet. Au final vous me direz 4 super titres, 1 sympa ("Open Season"), 1 moyen ("Corruption"), un foiré ("Cajun Hell") et 2 reprises à oublier suffisent-il à faire un super album. Déjà, regardez la note, je pense avoir éviter l’écueil de la nostalgie suceuse de boules. Pour autant, il y a assez de matière pour en faire un album digne d’écoute encore aujourd’hui, 18 ans après sa sortie grâce à ces 4 putains de titres. Il est à mon sens indispensable pour appréhender le courant thrash bay aera et vaut largement mieux qu’un « And Justice For All » sorti la même année par exemple, que tous les Testament et autres Forbidden ou Anthrax si on élargi aux thrash US…ce disque contient bien ses 30 minutes de thrash de folie…

Evidement, cet album n’a pas le coté in your face, grande fête du riff thrash, qu’avait « Bonded By Blood » mais plus diversifié et sachant poser des ambiances comme sur « Like Father like son » ou les final de « Open Season », à l’instar d’un titre comme « Chemi-Kill » sur « Pleasures of the flesh », cet album s’impose comme un des meilleurs de Exodus. Un « Pleasures Of The Flesh » en mieux, un renoncement partiel à la folie de « Bonded By Blood » mais après tout seul Slayer a su rester, pendant plusieurs albums, maître de la folie et de la brutalité thrash…