EXODUS - Another Lesson In Violence - 1997 ( Century Media )

Track Listing :

1. Bonded by Blood
2. Exodus
3. Pleasures of the Flesh
4. And Then There Were None
5. Piranha
6. Seeds of Hate
7. Deliver Us to Evil
8. Brain Dead
9. No Love
10. A Lesson in Violence
11. Impaler
12. Strike of the Beast

17/20

Ecouter Bonded By Blood aujourd’hui ou en 1997, c’est kif kif : on a l’impression de voyager dans le temps. Certes, le premier et légendaire album d’Exodus est maintenant unanimement reconnu comme un pilier incontournable du thrash metal, il n’empêche qu’Exodus est resté très longtemps « contourné », traînant comme un boulet son étiquette de « groupe des années 80 » là où nombre de ses pairs avaient su évoluer avec leur temps (avec plus ou moins – surtout moins – de réussite). On a souvent avancé comme causes le retard de la sortie de cet album, à une époque où avoir quelque mois d’avance sur son voisin pouvait être décisif pour le reste d’une carrière. Il y a eu aussi les problèmes de line up, de dope et j’en passe, qui ont finalement abouti au split en 1992, dans une quasi indifférence générale. 5 ans plus tard, le groupe remontera au créneau avec son line up originel ou presque. La reformation sera éphémère, peu importe en ce qui nous concerne, nous en avons une trace qui s’appelle Another Lesson In Violence, album live immortalisant ce millésime 97.

Pourquoi je parle autant de Bonded By Blood ? Parce que tous ses morceaux (‘Metal Command’ exclus) figurent sur ce live qui marquait le retour de Paul Baloff au micro, ce même Baloff principalement responsable de l’aspect violent, urbain et cru du 1er album. En fait je considère vraiment Another… comme un BBB réactualisé, la raison d’être de cette chronique étant que BBB sonnant très daté depuis les années 90, ALIV (non rien à voir avec Kiss) donne une vraie seconde chance à ces compositions. Avec toujours la même hargne dans l’exécution des morceaux, mais surtout, avec le SON démoniaque de puissance et d’agressivité. Les guitares trouent les baffles, le son de batterie rend enfin justice au talent de Tom Hunting (injustement sous estimé), et par dessus tout, les beuglements incontrôlés d’un Baloff toujours plus barge et déjanté. Les titres de BBB prennent enfin la dimension qui leur manquait, et Exodus de remettre enfin à leur place les détracteurs mais aussi la génération montante qui ne jure que par Machine Head et consorts. L’influence d’Exodus sur ces derniers devient évidente ici, mais contrairement à ce poser de Robb Flynn, Paul Baloff est un vrai bad boy. Pas assagi pour un sou, pas plus que ses acolytes, pas de place pour la nostalgie et autres sentiments bons pour les mauviettes, Exodus redevient (momentanément mais peu importe) l’incarnation de la décadence qu’il était dans son heure de gloire, au temps ou Slayer portaient encore du maquillage et des crucifix renversés en plastoc, tout en headbanguant synchrones tels Accept ou Judas, pendant qu’Exodus faisaient passer les punks et les hardcoreux les plus teigneux pour des enfants de chœur, alors ne parlons pas de Pantera…tout le skeud claque méchamment, mais pour moi le point d’orgue reste ‘Impaler’ dont le riff principal dira immédiatement quelque chose à tous ceux qui comme moi ont grandi au son des vieux Metallica…ce titre a été réenregistré en 2004 en hommage à Baloff, mais cette version est définitivement la plus intense…

Pour utiliser un terme bien rincé par la presse spécialisée, ce live est une vraie tuerie du début à la fin, près d’une heure de bon thrash d’une rare intensité qui redonne des envies de headbanging frénétique même aux plus blasés. Ecoutez donc les intros de 'Piranha' ou 'Seeds Of Hate'...Assez proche de Exhorder maintenant que j’y pense, et là encore une filiation indéniable. Aujourd’hui ce live revêt un aspect particulier car c’était le dernier enregistrement de Paul Baloff, décédé début 2002. Un témoignage brut de décoffrage limite fistfucking qui prouve une fois encore que The Haunted, Soilwork, Darkane, Hypnosia, et autres Mékouillenski peuvent toujours piquer autant de riffs qu’ils peuvent à leurs glorieux aînés, l’âme, l’inventivité et la folie qui habitaient ces derniers resteront à jamais hors de portée de ces charognards minables.

‘This song is older than shit, heavier than time”
So long, Paul…