EXHORDER - Slaughter in the Vatican - 1990 ( Roadrunner )

Tracklisting :

1.Death in Vain
2.Homicide
3.Desecrator
4.Exhorder
5.The Tragic Period
6.Legions of Death
7.Anal Lust
8.Slaughter in the Vatican

14/20

L’opportuniste Pantera fut une insulte à Exhorder. Trop longtemps le quatuor de Louisiane aura été considéré comme un groupe « à la Pantera ». Sauf que voilà, alors qu’Anselmo causait chiffon avec les membres de son pitoyable groupe de Glam de l’époque, Exhorder enregistrait déjà en 1986 sa première demo « Get Rude », et en 1988 la demo « Slaughter in the Vatican » où figure l’intégralité du LP qui sort sur Roadrunner deux ans plus tard ( à part le titre « The Tragic Period » qui sera écris un peu après la demo ). Alors, qui a influencé qui ? Hu ? A croire que la partie « special thanks » du livret ne fut pas affublé innocemment d’un « FUCK YOU if you wear make-up and have a tool swinging between your legs ». Suivez mon regard… Pour en finir avec Pantera, contrairement à ce que j’ai pu lire ici et là sur des zines incultes, « Slaughter » n’a musicalement pas grand-chose en commun avec le cowboy de l’enfer à mèche là, mise à part deux/trois riffs sur tout l’album que l’ « on » qualifiera par la suite de power thrash, et une très légère similarité dans le timbre de voix de Kyle Thomas, les excentricités haut perchées d’Anselmo en moins et une bonne pelleté de rage en prime.
Visuellement j’ai toujours trouvé la pochette particulièrement merdeuse, non pas dans le fond mais dans la forme, ce côté BD décrédibilise l’objet au premier coup d’œil. Enfin on s’en fout un peu me direz-vous, et c’était légion à l’époque, on se rappelle tous de cette cover de Spiritual Healing…
Musicalement, une fois n’est pas coutume, Scott Burns, en plein boom à l’époque, n’aura pas tout massacré en laissant ses prod’ plastifiées au vestiaire et conservera un petit grain suffisamment âpre pour coller à la musique particulièrement rentre dedans d’Exhorder, véritable bombe d’énérgie. Le son de la batterie, sec et relativement en avant, accentue l’impression de matraquage au gré des furieuses accélérations qui parsèment la galette. Un bon exemple est le rush final du titre « Exhorder » qui balance un gros parpaing à la gueule de bon nombre de groupes de (sois disant) Brootal Def. Car point de fioriture, on parle bien ici de pur Thrash agressif et straight, pas de pitié ressentie chez le stage diver qui t’arrive en pleine face le genou dans tes dents. Quelques longueurs tout de même se seront incrustées sur un titre comme « Legion of Death » qui plombe un peu la formidable dynamique de l’ensemble sur des passages mid tempo pas forcément pertinents et un peu longuets. « Anal Lust », titre suivant fait vite oublier cette petite incartade. Là on retombe en pleine folie meurtrière Thrash dés les premières secondes. C’est simple, direct, et ça défonce. « Homicide » est d’ailleurs là aussi une démonstration de puissance. Cette même puissance, Exhorder sait aussi la canaliser sur un titre comme « Desecrator » , plus heavy dans l’approche, véritable bulldozer dans sa finalité.
Voilà un album sur lequel le temps a glissé sans laisser vraiment d’empreinte et qui reste un must pour qui souhaite connaître ce que le Thrash Metal fut il y a 15 ans, en prenant une bonne claque derrière les oreilles au passage.