Ex.Order - Corporate Control - 2007 (Power And Steel)

Track listing :
10 titres froids

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Assez travaillé dans certaines de ses boucles et très structuré, Ex. Order office dans un style industriel allemand teinté 90’s ou pour être plus large Grey Wolves, Genocide Organ (donc) et peut être Con-Dom. Assez sentencieux et posé, pas vraiment Power Electronics sauvage ici bas, Ex.Order reste du coté sombre et «lent». Du coup sans être rituel, ne comportant pas de pilonnage noise, et en fonctionnant pas mal sur fonds d’oscillations cet album joue plus sur l’hypnotisme que la destruction olfactive. En résumé, Ex.Order est sombre et sentencieux, ce qui tombe bien car c’est ce que je préfère à un style trop abrasif. Attention, je n’ai absolument pas parlé d’ambient, les sons restent agressifs et leur assemblage vise à créer un climat de menace plus ou moins latente. A ce titre on est très bien accueilli par le décadent puis menaçant «we want no one to escape» sous forme de rédemption rapidement avortée.

Autre point notable: on n’a pas à faire à des novices. Du coup, Ex.Order sonne assez juste et on comprend mieux le coté travaillé que j’ai mentionné ci-dessus. Pour le travail sur les boucles on peut prendre par exemple «Chamber Cam» et son bruit blanc à l’abrasion variant par longue oscillation faiblement qui voit balader des variations autour d’une boucle d’une 30aine de secondes. Sinon on comme explique on alterne presque entre plage plus calme («hidden power.»..) et compositions plus rythmés et entêtantes («collective conflict», «Sacred violence», «sweeping the town»...) les dernières usant de «chants» (avec la classique disto) et les premières de sample de voix lisant un texte/discours de façon parfois monocorde («modus operandi»). Seul un titre comme «catharsis effect» nous sort un peu du mood de l’album en s’avérant plus lumineux, fin et «mantrique».

Cet album n’en déploie pas moins une suite de morceaux restant monodimensionnels (mais différents et prenants) et de prime abord souvent dans des limites connues, tant au niveau sonore qu’au niveau feeling, mais sans tomber dans le plagiarisme convenu et se mordant la queue d’un Sektion B par exemple. De même, si Corporate Control est sombre et exhale le malaise, il ne dérangera pas les habitués de cette scène (je pense notamment au choix assez naze du texte de «like yourselves» illustrant le coté convenu voir facile, en ce cas, de la chose). Par contre, en y pensant, Ex.order mélange en fait avec succès et classe ambient dark et industriel dur en évitant entre autres l’ecueil des hurlements sur fonds de bruits blancs. Cette réussite est d’ailleurs un des principaux facteurs d’évolutions d’Ex.Order dont les débuts étaient pour le coup, certes sympa, mais trop impersonnel. Comparer au passé d’ex-Inade du duo, je sais que certains en attendait plus et je les comprends...en même temps quand on dit que cela reste dans des limites connues, ce sont parfois celles posées par Inade...Bref je pense que cet album (et pas l’autre) est d’une grande qualité et à la limite le conseillerais au curieux pour attaquer ce style. Corporate Control est consistent de bout en bout et je le ressors de temps en temps avec «plaisir»...et ravira les fans du coté sombre d’un Genocide Organ. Un album à tenter plutôt que le plus récent "Shuchu Ryoku" qui en écoute rapide m'en a touché une sans remuer l'autre...