Drainland / Grinding Halt- split 10' - 2010 (De Graanrepubliek/React with protest/Shove/Suburban mayhem)

Track listing :
Side A/Drainland:
1. Luxophage
2. Rebuilding Salem

Side B/Grinding Halt
: 1.Schreeuw
2. Moord
3. Brand

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Drainland pratique donc un hardcore plutôt lourd. En fait pas que, on avait déjà gouter à un «i am Larry Clark » assez rapide ou alors certains passages de Swine. Ce split avec les hollandais de Grinding Halt me fait réaliser l’influence crust/d-beat qu’à le groupe et aussi certain riffs de voivod tiens. Du crust mais lourdingue, Drainland n’hésitant pas à nous la jouer sludgy, mais ambiance déprime (superbe exemple avec "weakness" sur "and so our trouble began..."). En creusant un peu le sujet scéne, j'ai pu me rendre compte d'une certaine filiation avec His Hero Is Gone. Bref on attaque rapide avec «Luxophage» et son refrain typique du groupe en terme de dissonance échappée de release de godflesh (des swans quoi) ou de voivod et le groove lourdingue tout aussi typique. «rebuilding salem», sans être up tempo, est plus diversifié et permet de regouter à ce songwriting finalement bien ficelé mais jamais au détriment d’un coté cru et «urgent». La dimension sombre est toujours présente, c’est une marque du groupe. Négatif, parfois dépressif mais pas dark ou doom. Sans sonner non plus apôtre du jugement dernier, la musique de Drainland a parfois un petit coté apocalyptique.

A noter que tout au long de l’engin le groupe, quelque soit le tempo, reste bien gras comme il faut. La faute à des grattes un peu downtunées, une bonne disto et une prod bien efficace. Le vocaliste, fidèle à lui même, se déchire la gorge sans penser au lendemain apportant une touche désespoir tantôt haineux tantôt au bout du rouleau. Sans attendre la déprime de l’intro d’un «stress builds character» de Dystopia il y a un peu de ça dans cette voix hurlée.

Bref Drainland est en forme, intense...A noter que ces 2 tracks sur sur le rerelease de l’excellent «and so our trouble...» chez Southern Lord.

Causons de Grinding Halt maintenant. Si Drainland a clairement motivé mon acquisition de ce split, les Hollandais de Grinding Halt, sans tenir la dragée haute à Drainland, complète bien le tableau. A priori grind à l’écoute du premier morceau très classique (en dehors de doublage de quelques accords) et tonitruant, GH ralentit ensuite le tempo et devenir plus proche de Drainland. Un reproche: le vocaliste assez balaise coté haineux finit par être un peu trop linéaire, soulignant une certaine monodimensionnalité et des morceaux finalement moins chiadés du point de vue compo que son collègue. Hardcore violent et un peu torturé.