DISHARMONIC ORCHESTRA - Not To Be Undimensional Conscious - 1992 ( Supernal Music )

1.Perishing Passion
2. A Mental Sequence
3. Addicted seas with missing Pleasure
4. The return of the living beat
5. Groove 6. Idiosyncrasy
7. Like madness from above
8. Time Frame
9. Mind Seduction

14/20

C’est après 3 démos en 1988 que les Autrichiens de Disharmonic Orchestra ont pondu un split avec leurs compatriotes de Pugent Stench qui leur a permis, évidemment associé au boom du death metal, de signer un deal chez Nuclear Blast. Leur premir release en 1990, si il n’a eu aucun succés, a permis de faire parler d’eux dans la mesure où leur grind/death était hors norme. Des titres de chansons à rallonge, des paroles tirées de poésie, une basse très présente, pas mal de plans hors normes sont la marque de fabrique du groupe. Une production un peu dégueu, mais surtout un vieillissement certain de l’album, n’en font pas une œuvre impérissable. Le groupe faisait quand même appel à des riffs bateaux pour certaines parties death grind.

Qu’à cela ne tienne, nos autrichiens déguigandés et faussement prise de tête persistent en signant en 1992 ce « not to be undimensionnel conscious » à la pochette à chier mais se démarquant à l’époque ou Cannibal Corpse et Deicide était en plein succès notamment (surtout ?) grâce à des éléments extra musicaux.

DH se paie pour cet album une production plus grasse qui rend justice à des compos toujours personnelles mais prenant un tour plus heavy et groovy. Les grattes sont super saturées, faisant un peu, mais pas complètement, penser aux excès de distorsion de la scène suédoise. Et évidement, le père Skogsberg et le sacro-saint Sunlight studio n’y sont pas pour rien. On a un petit coté bourdonnant, accrochant l’oreille; effet soutenu par la basse, toujours aussi présente, et elle aussi bien saturée. La basse, jouée aux doigts, est un élément important du groupe, bien épaisse, elle est vraiment un instrument audible, mais surtout le bassiste se lâche de pas mal de plan. Attention, par contre, ça reste du basique, DH n’est pas le groupe d’avant garde qu’on a voulu nous vendre à l’époque. Le style est certes personnel mais ce n’est pas du free jazz mixé avec du death non plus, on est loin d’un groupe comme Cynic. Les structures restent death/rock parfois un peu progressif et les musiciens sont beaucoup plus limités que chez Cynic. Il faut aussi voir que DH sait dépoter, ça beugle voir peut blaster et le son est aussi dans ces moments d’un bon effet bien violent. En fait DH s’illustre par un coté décalé et un groove certain notamment grâce au batteur plutôt adroit dans ses choix. Que le groupe ait ralenti le rythme est aussi une bonne chose car le son, allié à un certain sens du riff, rend les parties lentes parfois très bonnes.

Bon autant être honnête, DH a petit coté arty et se lâche à un moment d’une sorte de parodie de rap bidon dans le style rap metal des 80’s et là c’est purement à chier. On retrouve aussi, mais moins que sur le premier release, une propension à l’utilisation de plans/riffs bateaux qui 15 ans plus tard pardonne encore moins. Le groupe posant moins de titres mais plus conséquents tombe aussi dans l’écueil de la longueur; certains titres n’ayant pas d’éléments vraiment catchy…Il faut aussi voir que si le groupe a son style, il a parfois recours à des gimmicks plus qu’à de véritables idées. Mais bon quand j’entend un « Like Madness from above » tout tordu, la lourdeur entêtante de « Idiosyncracy », la brutalité death primaire mixé avec du groove de « Mind Seduction», le groove qui parcours ce disque de death et pas mal de plans tordus, je ressort avec un avis positif sur ce disque.

Pour tout vous avouer, je n’ai pas prolongé avec ce groupe pour autant dans la mesure ou il a de plus en plus délaissé le coté death/heavy pour devenir quasi post rock, me semble t-il, avec l’album « Pleasuredome » en 1994 puis « Ahead » en 2002. Mais bon si vous ne connaissez pas le death de cette époque, quand bien même la perdition commença en 1992, ce n’est pas le disque que je vous conseillerais en premier loin de là…à l’attention des petits curieux ou des amateurs de death avec du groove que la platitude des produits actuels, j’ai bien dit produits, ennuient…un groupe qui reste « frais » dans son style et son approche…un 14/20 après toutes ces années, c’est pas mal non plus !