DETERIOROT - In Ancient Beliefs - 2001 ( Repulse / WWIII Records )

Tracklisting :

1. In Ancient Beliefs
2. Unholy Return
3. The Afterlife
4. Fallen Misery
5. Spiritual Evocation
6. Endless Hauntings of Demons and Despair
7. Eternal Darkness
8. Manifested Apparitions of Unholy Spirits
9. Ritual Ceremonies of Blasphemous Horror
10. Vile

13/20

Je ne sais pas si vous aviez suivi mais il y a quelques années, quand commençait à peine à apparaître ce courant de retour au death old school et de reformation, Deteriorot était réapparu. Le truc bien avec cette vague c’est que des groupes, sous prétextes qu’ils étaient vieux, se voyaient tout auréolés d’une magnifique aura de sincérité et de dévouement à la cause death métallique. On commençait même à ressortir de vieux noms et albums, pourtant insignifiants à l’époque, je pense au « Grey Misery » de Disgrace, en tentant de faire passer la valda : les pompeurs peu inspirés et leurs albums seraient devenus par magie de qualité ! Elle est pas belle la vie ! Comprends qui pourra, mais, pour sur, une pointe de nostalgie satisfaite de cette exhumation de l’undeground de l’époque a du jouer dans ce phénomène irrationnel. Je pense aussi, mais mon avis est sûrement orienté, qu’un rejet de la scène death soit embarquée dans la stérilité du brutal death sans âmes soit dans le plastoc avec des Behemoth le tout survolé de vieux groupes en pertes colossales d’inspiration (Deicide etc) a aussi eu son poids. Et pour finir, on ajoute encore et toujours cette volonté de différence propre à l’adolescent…tiens regardez, ma voisine m’en parlait pas plus tard qu’hier, il n’y a qu’à voir le revival thrash tankardien des 80’s par des p’tits jeunes ne sachant que faire pour sortir de la masse. Le beumeu ? déjà pris et gothopouffiffié, !!! Le brutal death ? dur il faut un batteur canon !! Le grind ? pfff trop à la mode au lycée depuis les gronibards !!!…le vintage ? ça c’est bon !!! Vite lançons le true culte de la Amstel et à bas la desperado et la corona …mais je m’emporte…ça me fatigue, les infirmières me regardent, ça va être l’heure de mes gouttes et zou à la sieste, cela me permettra de revenir au sujet sans m’éparpiller dans mes diatribes séniles…

Deteriorot donc, fraîchement exhumé, ne s’est formé qu’en 1990 et de cette époque ne peut se targuer que d’avoir ouvert pour de gros groupes passant dans leur contrée. Ils avaient enregistré un album mais le label ayant fait faillite, point de sortie possible (vous la sentez poindre l’histoire de l’œuvre perdue du death metal, exciting isn’t it !). Bref au final et de manière factuelle, Deteriorot c’est une démo en 1992, un 7’’ chez Drowned (vous savez, Pyrexia, Rottrevore) en 1993, avec un titre repris de la démo (!!!). Puis plus rien jusqu’en 2000 avec un promo cd-r qui permet un deal chez le Repulse de ce bon vieux Dave Rotten à la mémoire bien conservée.

Bon, coté légende donc pas grand chose, non que la promo ait jouée dessus, mais je prends les devants dans la perception qu’on pourrait avoir de ce groupe (« haa un dinosaure du death qui nous sort enfin les titres perdus, c’est trop truuuueee »). Mais ça on s’en branle, nous ce qui nous intéresse, en bons auditeurs, c’est la qualité. Bon bah faut bien voir qu’en 1992 le groupe n’apportait que dalle, et vivoter dans la masse occupée à assassiner le death. Mais si vous savez, tout le monde fait son groupe, les labels fleurissent signent tout, fier de défendre le metoooolllllleee, le tout jusqu'à saturation totale (impression de déjà vu bienvenue les amis).

Avec ce « In Ancient Beliefs », Deterio, j’en ai ras le cul d’écrire le nom en entier, ressert les titres de la démo, le titre du 7’’ et évidemment ceux de promo cd. On ajoute deux nouveaux trucs (« Spiritual Evocation » et « Endless Hauntings… ») et zou on a 10 titres pour un album !

Le démarrage pêche, je trouve, mais si vous aimez le vintage ça va vous plaire, avec « In Ancient Belief » et son riff ultra galvaudé en tremolo. Le genre de truc entendu un milliard de fois, me rappelant avec douleur le paquet de démos horribles et grésillantes que j’avais récupéré/entassé à l’époque. Le groupe se reprend ensuite sur un passage mid tempo puis un break montrant qu’il est plus à l’aise sur ces rythmes et dans la lourdeur. Sympa mais sans plus…le soli s’il démarre sur une ambiance « back in the days » réussie part vite en couille pour s’arrêter heureusement aussi sec. Des petites variations mid tempo, le riff rapide relou, un vieux plan à deux balles (tremolo sur un ton puis un ton au-dessus….teuton metal style) et c’est bouclé. Mitigé cette entrée en matière. On se prend aussi la voix de Paul Zavaleta, colérique mais sonnant quand même parfois un peu forcée. Le bougre se rattrape ensuite, s’étant chauffé au fur et à mesure de la session d’enregistrement, et on tend vers un style à la Ross Dolan (Immolation bande d'incultes !!) soit un truc que j’aime bien, convaincant et brutal. Bien plus que les traffiquotages Devourment-ien ou les rots ridicules Disgorge-ien.

« Unholy Return » est de meilleure facture car mid tempo avec un soli sympa et un bon feeling lourdingue...pas la peine d’épiloguer. « Aferlife » est pour moi un hommage/rip off de Bolt Thrower (selon l’humeur) avec son riff à harmonique « Warmaster » - ien et son accélération « Realm Of Chaos »- ienne. Un death martelant et lourd à l’ancienne. Esprit repris sur le réussi « Fallen Misery » s’il n’était ce riff plus rapide et horripilant vers 3:30. Heureusement qu’avant il y avait cet autre riff injectant un coté suédois au tout. En parlant suédois début 90’s le chorus de ce titre m’a fait mouiller mon fute.

Le 5eme titre, composé pour l’occasion, sonne bien daté et putain de bordel de merde encore un faux riff bidon rapide égrainant 4 pauvres note appuyé par un vieux blast poussiéreux et poussif…erk…c’est con le break heavy me plaisait bien…tout comme le refrain péchu…Pour le 6eme titre on retombe en adoration/repompe suédoise début 90’s (toujours selon l’humeur) et je remouille mon fute sur le plan à 00min43sec…et encore sur un plan à la Bolt Thrower. Un titre assez diversifié et réussi au final. La 7 est moyenne mais se laisse écouter avec son break acoustique et ses petits claviers (toujours évocateur d’autres groupes).

La 8, tout comme la 7, démarre ultra suédois, le son de gratte ultra saturé y est aussi tiens…je vais pas épiloguer 10 ans dessus, mais j’aime bien ce titre là encore assez diversifié et lent (avec sa pompe Bolt Thrower aussi et une putain de pompe jouissive du Entombed de Clandestine à 4min40). Pareil pour la 9 et la 10...comme quoi pas la peine de se fouler, je pense qu’à moins d’un problème intellectuel grave, vous avez maintenant compris comme ça marche un Deteriorot. Au passage, le groupe s’étalant 5 minutes par titres, si on n’est pas dans l’ambiance, ça peut être lourd. Les soli sont souvent inutiles et foirés dans un trip Slayer simili déjantés. Les parties rapides, peu nombreuses, sont assez foireuses sauf sur les derniers titres de l’album ou un coté Incantation dans ses bonnes heures se fait sentir. Deterio est quand même plus à l’aise sur le mid tempo et le heavy ce qui n’est pas pour me déplaire. Deterio n’a donc pas inventé la poudre mais sait la faire parler et est à ranger grosso merdo et dans le désordre avec Kaamos, Funebrarum, Coffin Texts, Encabulos, Drawn And Quartered, (je pense aussi au 2 premiers Fleshcrawl) et largement au-dessus de l’Incantation post Mortal Throne, de Disciples Of Mockery ou Funerus.

Vous me direz, et c’est peut être vrai, que cet esprit dark death old school est mieux rendu par ceux qui l’ont connu, pratiqué et l’aime encore….la 1ere écoute m’a fourni un plaisir non feint mais des écoutes ultérieurs m’ont ouvert les yeux. Il y a des bons passages voir titres en entier (6 et 8). Dans un trip dark death de bââââse (avec un accent oui) cet album le fait bien. De plus j’affectionne particulièrement le death quand il se fait heavy et avec un coté nord européen du début des 90’s. Mais je me dois de mettre une note mitigée quand même. Déjà si je veux être consistant avec une approche objective, et honnête dans ma chro, je ne peux que déchirer cet album poussiéreux, passéiste, 1000 fois entendu…ensuite bien que dans un style que j’aime il n’y a pas de quoi éjaculer au plafond (juste dans son fute parfois)….bref on coupe en deux, pas plus car il y a mieux dans le délire (et rien ne vaut les originaux) pas moins car c’est bien fait (le feeling y est). Bref, si vous aimez un mix Entombed (période Clandestine et autres groupes death suédois début 90’s) avec Bolt Thrower et autres groupes heavy et un dépouillement Autopy-ien d’époques allez-y…mais aux vues du nombre de groupes cités vous aurez compris qu’une auto-fellation aura plus de chance de succès que de trouver de l’originalité là dedans. Ce cd je l’ai jeté plusieurs fois sur la table pendant la rédaction de cette chronique en gueulent « putain c’est vraiment de la pompe… » mais je ne sais pas pourquoi je l’ai quand même écouté pas mal de fois avec plaisir en vieux con indécrottable amateur de death du début des 90’s que je suis. Si on veut être positif/cache misère (selon l’humeur), on pourra toujours dire que contrairement à Impaled qui pompe un seul et même groupe (voir des riffs de ce groupe), Deterio mélange la pompe.