DESTRUCTION - Eternal Devastation - 1986 ( Steamhammer )

Track Listing :

1.Curse The Gods
2.Confound Games
3.Life Without Sense
4.United By Hatred
5.Eternal Ban
6.Upcoming Devastation
7.Confused Mind

15/20

Destruction fait partie de ces groupes arrivés assez tôt dans l’histoire du metal pour pouvoir être cités comme influence à la fois par les groupes de death et de black. Glorieux fleuron de l’école allemande (la RFA comme on disait à l’époque) du speed/thrash, Destruction a pondu en son temps des albums toujours cités en référence par des groupes aussi divers que Marduk, Hate Eternal ou même Sepultura. Ce Eternal Devastation représente pour beaucoup le meilleur du trio germain. L’interprétation sans faille et le songwritting inventif font vite oublier (avec un peu d’habitude quand même) une production totalement vieillotte (ça sent les enregistrements 8 pistes typiques des eighties, Celtic Frost n’est pas bien loin) et les vocaux parfois insupportables de Schmier, vous savez ces fameux cris suraigus à la Tom Araya poussés ici jusqu’à des extrémités limite caricature. Coincé pile poil entre les débuts primitifs et les fioritures parfois un peu superficielles de la suite, ce Eternal Devastation distille une ambiance morbide à souhait, dès les arpèges inquiétants en intro puis tout au long du skeud, ambiance seulement tempérée le temps d’un solo qui se fait toujours mélodique dans la plus pure tradition allemande, ou d’un occasionnel riff d’inspiration néo-classique. Non, ce qu’on retient surtout, c’est ce riffing aventureux, dense et complexe, ces changements de thèmes aussi fluides qu’imprévisibles. Ce riffing se fait même vicieux et menaçant sur les United By Hatred, Confused Mind, l’instrumental Upcoming Devastation et l’hymne à l’athéisme Curse The Gods, aux paroles plus que jamais d’actualité. Au final, en creusant un peu, c’est toujours un album intéressant à écouter 20 ans après sa sortie. Quel dommage par contre que les vocaux et la production aient aussi mal vieilli, surtout comparé aux groupes ricains de la même époque. Paradoxalement, Destruction prenait ici de l’avance par rapport à ses confrères Kreator et Sodom au style encore très rudimentaire et primitif à la même période. Reformé depuis 2000 sous sa mouture originelle ou presque, Destruction poursuit son bonhomme de chemin entre modernité contrainte et old school un brin nostalgique. Peut être qu’ils devraient penser à réenregistrer ces morceaux avec une interprétation et un son plus ‘modernes’, pas dans le sens surproduit/surjoué mais pour mieux mettre en valeur ces compos, car elles le méritent assurément.