DEMILICH – Nespithe – 1993 ( Necropolis ) réedite en 1996 ( Repulse ) avec la démo 1991

1. When The Sun Drank The Weight of Water
2. The Sixteenth Six-Tooth Son Of Fourteen Four Regional Dimensions (Still Unnamed)
3. Inherited Rowel Levitation - Reduced Without Any Effort
4. The Echo (Replacement)
5. The Putrefying Road in The Nineteenth Extremity (...Somewhere Inside The Bowels of Endlessness...)
6. (Within) The Chamber of Whispering Eyes
7. And You'll Remain... (In Pieces of Nothingness)
8. Erecshyrinol
9. The Planet That Once Used to Absorb Flesh In Order to Achieve Divinity and Immortality (Suffocated To The Flesh That It Desired...)
10. The Cry
11. Raped Embalmed Beauty Sleep

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"The Four Instructive Tales...Of Decomposition" demo 1991 :
12. Introduction / Embalmed Beauty Sleep
13. Two Independent Organisms - One Suppurating Deformity
14. And The Slimy Flying Creatures Reproduce In Your Brains
15. The Uncontrollable Regret of the Rotting Flesh

15/20

Attention attention, nous voici en présence de ce que la Finlande a sorti de plus culte en death metal, rangez vos Funebre, Depravity, Disgrace et autres Demigod ! Ne venez pas nous emmerdez avec des Belial, Mythos et autres nazeries ! Si le death Finlandais a toujours eu une touche particulière dans ses atmosphères et un coté doomy prononcé, c’est bien Demilich le seul groupe du lot a avoir développer sa personnalité et un style de death tarabiscoté unique (OK y a eu Xysma, Beherit et Thergothon aussi mais moi je parle de death metal).

Demilich fut à remarqué à l’époque, et reste dans les mémoires, pour les growls profonds, et sans effet, de Antti Boman. De là le début d’une méprise et en même tant d’une aubaine pour le groupe : cette voix allait retenir l’attention d’un public bombardé de produits, mais allait occulter la musique du groupe, les gens se disant « OK gros growls implique brutal » et ratant complètement le groupe.

Après il est clair que la musique de Demilich n’est pas de l’easy listening mais ce n’est pas non plus brutal. Disons plutôt tordu, très tordu, dans une moindre mesure, je dirais que Demilich était un peu le Gorguts de l’époque. Des structures s’étirant loin des pontifs couplets refrain break, une propension à l’étirement des riffs, un groove malsain des plans à deux grattes uniques. Reste un recours à certains chorus et lead qui injectent de la mélodie, très Finlandaise, qui constituent des points d’ancrages pour l’auditeurs. Le groupe sait speeder mais c’est dans un mid tempo qu’il nous sort ses riffs tarabiscotés. Qualité commune à tous les groupes finlandais de l’époque, quand le groupe écrase le tempo il est plutôt efficace. A l’instar de Gorguts, le groupe n’est pas que « technique » ou « bizarre », ce serait trop simple et dommage, non, Demilich injecte un feeling, grâce aux doublages des guitares notamment, et un groove unique, parfois « sautillant », à son death. Certains passages sont monstrueux d’ambiances, dantesques d’épaisseurs et légèrement dissonants. Le groupe n’est pas là pour en mettre plein la vue mais pour nous balancer son death bizarre dans la face. Original le groupe l’est jusque dans ses titres de chansons sans fins et dans les designs des booklets assurés par le parfois excellent Turkka Rantanen.

Après les point forts du groupe sont aussi ses points faibles (!). Déjà la voix bah il faut l’aimer et la supporter, parfois pour moi on dirait un rot et cela me gonfle. Un peu trop chargée de reverb cette voix. De plus il n’y a aucune variation ni émotion dans cette voix. Ensuite, tordus et étirés les morceaux s’avèrent à la longue assez indigestes, se taper l’album en entier restant possible mais ambitieux. Bref si on est pas dans le mood, Demilich c’est un peu chiant et on eut souhaiter qu’ils bloquent plus longtemps sur certains riffs excellents mais nos amis ont la bougeote que voulez-vous ! culte ne veut pas dire génialissime quoi ! Le bon point c’est que les titres, malgré leur apparence, ne durent que 3 ou 4 minutes à chaque fois. On a l’impression que c’est plus long, non parce que c’est ennuyeux, mais en raison de la masse de riffs.

La démo présente sur la réedition de 1996, nous fait de goûter à un son dantesque rendant ultra bien sur l’intro. Après ça reste un son de démo mais tout est distinguable et les accords plaqués par les grattes sonnent comment des coups de tonnerre. « Embalmed Beauty Sleeps » permet de constater l’évolution du groupe sur l’album en terme de phrasé, la démo faisant plus appel à des phrasés tremolo ultra classiques. On trouve quand même les mélodies de Demilich et sa propension au changement. La voix passe un peu mieux sur les derniers titres, et apporte toujours sa touche « statique » à la musique « mouvante » de Demilich. Bref une démo sympa avec un bon feeling.

La bonne nouvelle en plus bande de veinards, c’est que tout ce qu’ils ont fait est téléchargeable sur leur site web : http://www.anentity.com/demilich/. Je conseille le premier titre de Nespithe pour se faire une bonne idée. Mais bon cela n’empêchera pas Extreem Records (ex Repulse qui a déjà réédité Nespithe !), encore eux, de rééditer en été 2006 toutes les démos du groupes. Le groupe a composé pour l’occasion un nouveau titre. Antti a fait éditer quelques T Shirts et ils vont jouer des concerts aux US (notamment avec Funebrarum tient) pour ensuite re splitter. Les amateurs du coté tordu pourront se rabattre sur « The Me » de Nomicon sorti en 95, toujours en Finlande.

Un release unique en tout cas !