DEMIGOD - The Slumber of Sullen Eyes - 1992 ( Drowned Productions )

Tracklisting:
1. Apocryphal (intro)
2. As I behold I despise
3. Dead soul
4. The forlorn
5. Tears of God
6. Slumber of sullen eyes
7. Embrace the darkness/Blood of the perished
8. Fear obscures from within
9. Transmigration beyond eternities
10. Towards the shrouded infinity
11. Perpetual ascent
12. Darkened

13/20

Certainement la pierre angulaire de la courte carrière de Demigod, ce ‘Slumber Of Sullen Eyes’ arrive un peu après la bataille. En 1992, le death scandinave avait déjà tout dit, pour ce qu’il avait de bon à dire (par décence ne parlons pas de la suite). Ce skeud n’avait rien de révolutionnaire, mais proposait une alternative à une scène suédoise over-hypée, puisque ce groupe est finlandais. Le son est globalement moins crade, sans être aseptisé. Il y a plus de réminiscence du thrash US dans les rythmiques, ainsi qu’une légère touche doom qui n’est pas sans rappeler les débuts de Gorguts (surtout dans les soli de guitare, étrangement proches). L’exécution est vraiment bonne, sans être débordante de virtuosité, c’est simplement propre et bien joué. Si les rythmiques sont sans originalité, les mélodies de gratte atteignent parfois un degré d’intensité réjouissant, comme sur le 1er titre, l’éponyme et l’instrumental ‘Perpetual Ascent’. Les guitaristes font clairement preuve de compétence dans ce domaine car le point fort de cet album est certainement les ‘envolées’ mélodiques lentes et bien dark et le travail sur le son des grattes, avec des sonorités puissantes, riches et très variées. Du même standard que les 1ers Entombed, ce qui n’est pas peu dire.
Malheureusement, les guitares ne font pas tout, et quelques éléments pernicieux gâchent le potentiel de cet album. Le chanteur a une voix beaucoup trop stéréotypée, timbre commun pour grunt basique sans réelle puissance ni conviction, et son placement rythmique n’est pas génial non plus. Il en résulte une platitude désolante alors qu’un bon chanteur aurait certainement pu sublimer ces morceaux. Le jeu du batteur ne déchaîne pas non plus les passions, mais ça passe car il a un bon son. Enfin, certains morceaux sont mal structurés, on a plusieurs fois le sentiment qu’un titre s’arrête juste au moment où il devenait réellement intéressant.
Ce ‘Slumber Of Sullen Eyes’ ne casse pas des briques par manque de personnalité, mais propose tout de même un bon death metal relativement frais et moins stéréotypé que la moyenne à l’époque. Il y a de réels bons moments la dedans, c’est le genre de skeud qu’on n’écoute pas tous les jours mais qui s’apprécie à plus petites doses, d’ou une belle endurance.