Defeated Sanity - Passages Into Deformity - 2013 (Willowtip)

Track listing :
9 titres

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3 ans depuis Chapter et un nouveau changement de vocaliste, les rois du brutal death à la sauce US sont de retour. Loin, mais alors vraiment très loin, d'être fan de brutal death que ce soit dans ses variantes slamo brutalo ou technique branlo, j’ai pas mal accroché sur les releases des allemands capables des pires boucheries (mémorisables) mais pas que...

Ce que j’aime chez DS c’est qu’il sais être sombre (pas assez souvent), a quand même une touche old school, une capacité à sortir des trucs mémorisables, pas sans rappeler Suffocation, et surtout une grosse efficacité. J’apprécie aussi cette capacité à écrire des trucs plutôt fluide dans un style qui a le don de m’emmerder. Autant être clair, DS vole au dessus du lot.

Mais plus important, sans doute avec le background de feu Wolfgang Teske et de son fils Lille Gruber, DS débordait parfois sur des terres un peu inconnues et semblait renfermer un potentiel important: celui de faire avancer le schmilblick. Soyons lucides on parle bien de potentiel et d’incursion et mon commentaire principale dans la review de «Chapter Of...» portait bien sur le fait malheureux que DS restait en terres connues et semblait jouer le trône au dessus de la horde au lieu de jouer la liberté et l’indépendance.

Restons terre à terre, la prod déjà continue son «désépaississement» depuis le pavé «Psalms Of The Moribund». La gratte plus claire et accrocheuse, pourrait faire regretter le gras de "Chapter Of..." mais apporte une intelligibilité finalement de bon aloi. Attention le truc reste épais et puissant quand même. Coté vocaliste, n’étant pas grand fan de Magana, je préfère de peu la prestation du nouveau, assez diversifié. Mais certes le gaillard reste en plein dans le style brutal death.... Section rythmique de folie, bien sur surtout avec Lille Gruber, toujours hallucinant, sans pour autant sonner machinal (une force), très balaise mais pas m’as tu vu. Et oui la groupe malgré des compétences indéniables reste toujours éloigné du «show off» et semblent attaché à composer de bons titres et non pas à nous montrer la longueur de sa bite.

Mais voila, après les premières écoutes, toujours ce reproche: pourquoi ne pas aller voir ailleurs les gars ! J’allais donc latter le groupe en vous refaisant le coup du potentiel non réalisé, voir gâché. DS tourne dans un univers connu, a les moyens de faire plus et frôle parfois la correctionnelle en début d’album: avec la fin de «initiation» rigolote puis bien gonflante et sans aucun sens...«verses of deformity» pas gegene malgré le clin d’oeil old school à 2’30 avec de super riffs mais un coté juxtaposition de riff (est-ce un titre ?), quelques intros en mode brroooottal inutile. Des soli, rares et oubliables (mais old school Suffo donc je craque un peu). Quelques petits licks de basses déplacés, des influences très «audibles» sur quelques passages ponctuels, "verblendung" un peu facile (riff de chorus bof, parties lentes jouissives mais trop classique). Pour autant, plus d’écoutes mettent à nu cette grande maitrise d’un style très violent, mais fluide et brutal (au sens réel du terme). Plutôt bien composé, on retrouve la fluidité d’un Suffocation des grandes heures et de vrais titres. Cet album comporte en outre plus de passages catchy que son prédécesseur, j’en viens à demander plus de musicalité, façon passage thrashy rageur (cf le Suffo du mythique ep «human waste»). Marrant donc, on finit par être pris et j’ai beaucoup aimé mais une fois de plus je ferais le même commentaire, DS a les moyens de ramener le brutal death dans des terres morbides et d’apporter sa brique à l'édifice. Il reste trop engoncé dans les codes du broootal death et ne développe pas assez...

Bref toujours ce putain de commentaire de vieux radoteur. DS s’éloigne du Graal, en sortant un album, certes excellent (si si), mais trop brooootal et plein de références là où il devrait créer des références. Mais soyons sympa, ne boudons pas notre plaisir ! L'album a pas mal tourné chez moi...Mais s’il ne se passe rien le groupe tournera définitivement en rond sur le prochain album et je crains que, paix à son âme, l’input de Wolfgang Teske manque pour aller plus loin...mais Lille a l’air de dire que le prochain album aura plein d'expérimentation et de trucs tordus...croisons les doigts !

Allez les gars...on se transcende un peu pour transcender...