Dead Congregation - Promulgation Of The Fall - 2014 (Martyrdoom)

Track listing :
8 titres

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La sortie de ces nouvelles compositions fut longue, AA n’étant pas pressé, sur de ce qu’il voulait. Dead Congregation n’a pas chômé pour autant, écumant les scènes et marquant très souvent les esprits. On ajoute quelques affaires à régler liées à la fermeture du label Nuclear Winter (blame it on Troika !), que je regrette, et cet album qui devait être enregistré début 2013 sort donc en mai 2014.

La première réflexion que je me suis faite concernait la batterie qui sonne moins artificielle que sur «Graves of...». Le jeu y est en outre plus diversifié que sur l’album précédent, où sans être une faiblesse, ce n’était pas la grande fête. Ici, la batterie apporte de la dynamique. Dynamique qui manquait un peu à «Graves of the Archangels» sur la longueur en faisant un très bon album mais pas impérissable avec 6 ans de recul.

Avec ce Promulgation Of The Fall, DC a composé un véritable album et pas une suite de bons titres. Je me suis fait la remarque en me rappelant que mes premières impressions sur le titre Serpentskin, entendu il y a quelques temps grâce à une video live trainant sur le web, n’était pas top. Pourtant mis au sein de l’album c’est assez différent. Les 3 premiers titres n’en forme en fait qu’un seul pour moi et sortir Serpentskin de l’ensemble ne fait pas de sens. Plus généralement l’album est un tout et DC a posé un pavé qui s’écoute de bout en bout, bien agencé, bien pensé, prenant, puissant. En terme d’ambiance, sans être radicalement différent, DC pose plus souvent une ambiance morbide et lourde. Si l’album reste violent, il est moins bourrin que son prédécesseur qui s'avère comparativement moins riche en ambiance. A cette lourdeur plus présente, on ajoute aussi un travail aux leads/mélodies plus fourni, aérant l’album et enrichissant la palette de feeling de DC. Pour preuve, le title track voyant le groupe poser les choses progressivement. On y trouverait presque des saveurs black orthodoxes «lumineux» façon Ascension (cf le 8 eme titre et son proto lead aussi). Mais plus qu’une palette plus large, c’est bien de maitrise de la composition dont on parle ici bas

En bref, une bonne claque, mais on pourra arguer que la plus grande maestria de DC et les touches plus «aerées» apporte une touche moins underground et que DC semble parfois trop parfait, genre blockbuster du death US old school. Une sorte de sentiment qu'on a sur le 1er LP de Ascension. Pourquoi pas en effet ! Si Dead Congregation doit tout à Incantation, la "vibe" (yo) est moins cryptique.

DC se place donc dans la droite lignée du précédent album mais plus efficace, construit comme un tout, hyper prenant. Avec cet album, DC monte sur le trône du death metal quand bien même le groupe ne soit pas aussi vénérable que les innovateurs que furent Immolation et Incancation. La difficulté est bien moindre car la voie avait été ouverte et les groupes sus mentionnés ont vieilli depuis Here in after/Close to a world below, mortal throne of nazarene/onward to golgotha, Covenant/Formula fatal to the flesh. Et DC ne se prive pas d’emprunter, voir plus (si si), au patrimoine construit par ces piliers du death metal. C’est pas faux ! Le roi du moment ne saurait faire oublier ses glorieux prédécesseurs, au fait d’armes autrement plus important. Sans Incantation, DC ne serait rien, et pour les plus jeunes qui viendrait à aimer DC, je leur conseille tout de go d’aller jeter une oreille sur «onward to golgotha» ou «Mortal throne Of Nazarene» (ou plutôt «upon the throne of the apocalypse»). J’avoue d’ailleurs être en train de finaliser cette chronique en écoutant «upon the throne...».

Une fois de plus je comprendrais qu’on liste les nombreux riffs façon «j’ai déjà entendu ça quelque part» et qu’on résume le groupe comme de très adroits musiciens maitrisant le style d’Incantation avec une touche de Immolation et de Morbid Angel (bref un bon tribute band). Au pied levé et de mémoire: sur le 4eme titre: le riff à 4 sec c’est du rebattu, les harmoniques utilisées à partir de 2 min, du pur Incantation, Plein de parties lourdes devant tout au feeling doomy de Incantation. Le titre 5 et son ouverture, en dehors du solo, est du pur Morbid Angel de FFtTF (surtout les accords plaqués à 30sec avec ensuite le riff rapide qui tourne derrière des 35 sec). L’intro du 7eme titre est une pompe du titre «away from god» d’Immolation. En recreusant Graves of The Archangels, on voit que aussi DC recycle certains plans. Etc etc

Mais j’a beau en être conscient, cela faisait longtemps que je ne m’étais pas passé un skeud en boucle comme ça (depuis le «tone of thing...» de chaos echoes, celui-ci étant vraiment original) ! DC dégage une aura et a poser un disque complètement orthodoxe mais puissant. J'enfreins donc l'esprit de TSTOL une nouvelle fois pour ce groupe car on pourrait presque riff par riff faire un pointage et hurler au rip off mais il se dégage un truc !