DARK ANGEL - Darkness Descends - 1986 ( Combat )

Tracklisting:
1. Darkness Descends
2. The Burning Of Sodom
3. Hunger Of The Undead
4. Merciless Death
5. Death Is Certain (Life Is Not)
6. Black Prophecies
7. Perish In Flames

18/20

Dark Angel est aujourd'hui principalement connu pour avoir compté en ses rangs Gene Hoglan (Death, Strapping Young Lad, etc). Cruelle ironie quand on pense à ce qu'aurait pu être leur destin s'ils avaient pas sorti cet album la même année que les albums-phares de Slayer et Metallica, ou alors avec des moyens comparables...enregistré et mixé en quelques jours, Darkness Descends ne tient pas la comparaison avec les 2 autres (sur la forme) et tombe rapidement dans les oubliettes du thrash underground. Dans ces oubliettes, la galette se fait dévorer par une meute de zombies avides d'inspiration. Ainsi mis en pièces, beaucoup de riffs et d'arrangements inventés par Dark Angel iront garnir plus tard les compos de groupes renommés comme Sepultura, Deicide, et de, ah tiens ! Metallica (vous trouvez pas que la deuxième partie de leur tube One est "librement adaptée" de l'intro du morceau titre de DD ?).

Une bombe thermonucléaire, un concentré d'énergie brute, voilà comment on peut décrire Darkness Descends. Le son est brut de chez brut, les vocaux hystériques transiprent la hargne, ça pue la sueur. Pas de noise gate sur les grattes, pas de triggers sur la batterie, pas de pitch sur la voix, "what you hear is what you get". Selon les critères d'aujourd'hui, cet album pourrait limite passer pour une démo underground de longue durée. Vous commencez à piger ? L'exécution va du bon au moyen mais n'atteint pas de sommet en dehors de la prestation hallucinante de Gene Hoglan, véritable locomotive du groupe (pour info, il est aussi l'un des principaux compositeurs et paroliers). Jim Durkin, riffeur de génie, fait preuve d'une grande créativité dans son jeu rythmique en mixant lourdeur et vitesse pure, un style mixte et explosif préfiguré par Exodus qui trouvera son apogée au début des années 90 dans le death metal. A écouter en illustration "Black Prophecies", morceau épique de presque 9 minutes rempli jusqu'à la gueule de double grosse caisse qui inaugure un style thrash narratif où les paroles, très imprégnées de peurs et de visions apocalyptiques, sont de toute première importance (pour une fois). C'est en fait tout l'album baigne dans une ambiance de fin du monde ce qui lui donne sans doute cet aspect si "ultime".

Voilà en gros ce qu'on peut dire de ce classique méconnu, après le mieux c'est encore de l'écouter, de préférence à fort volume...A noter que la version remastérisée propose deux titres live qui me confortent dans l'idée que la précision n'était décidément pas le fort des 2 guitaristes, ainsi que des photos d'époque. Sur l'une d'elles, on parvient à reconnaître un Gene Hoglan quasi-adolescent et...sans lunettes. C'est pas un bon argument d'achat ça ?