CROWN OF THORNZ- Train Yard Blues - 1995 ( Lost & Found )

Tracklisting:
1 – Crown of thornz
2 – Headcheck
3 – Mental masquerade
4 – Feelings
5 – Juggernaut

12/20

Figure mythique du DMS crew (Doc Marteen Skinheads, Demonstrating My Style et encore plein d’autres significations au choix), regroupant des groupes comme Agnostic Front et Madball, Crown Of Thornz, emmené par Lord Ezec (Skarhead), apporte un léger souffle d’air frais dans une scène New York Hardcore gonflée à la testostérone mais néanmoins fatiguée et ayant un peu de mal à se relever de d’une première moitié des 90’s particulièrement difficile pour elle.
Plutôt que de suivre tête baissée ses compagnons d’armes dans un hardcore métallisé et bourrin, Crown Of Thornz, emmené par des musiciens inspirés, préfère jouer la carte de l’émotion et de la sensibilité. Mais pas trop quand même, y a quand même une réputation de Tough Guy à maintenir !
S’engouffrant dans la brèche ouverte par Burn, Quicksand et Orange 9 mm, les New Yorkais s’essayent ici à un hardcore mid tempo, relativement groovy et surtout armé de mélodies un brin mélancolique (le jeu du guitariste Mike Dijan, mâtiné d’influences orientales, y est pour beaucoup). Lord Ezec, malgré sa dégaine de gangsta de Brooklyn, fait des efforts sur un chant certes fermement ancrée dans la tradition hardcore mais avec quelques légères touches mélodiques. On est encore loin de la qualité vocale de Quicksand ou d’Ignite mais l’intention est là.
Musicalement, Crown Of Thornz réussit son pari en s’extirpant des clichés NYHC et nous pond ici un MCD de bonne facture, énergique, sensible et honnête. Certains morceaux comportent de vrais moments de bravoure, à l’image du premier morceau ou de Juggernaut. Un effort aussi a été fait dans les textes qui, même s’ils sont loin de remporter le prix Goncourt, touchent à des sujets et des ressentis personnels. Malheureusement, les racines DMS / NYHC sont toujours présentes et ça se sent dans le texte de Juggernaut, sorte d’ode skinhead casseur de punks ventant les mérites des vrais gars de la rue (sic). Pour info, les skins version NYHC, n’ont rien à voir avec les boneheads dont on parle à la télé mais sont ici une part de la faune urbaine New-yorkaise, un brin réac mais pas politisée. Plus une histoire de crew, friendship & unity qu’autre chose. Pas bien méchant mais pas bien finaud. Ce côté skin ‘‘respectable’’ a pas mal servi à d’autres skins beaucoup plus engagés politiquement de se refaire une virginité en passant à la blanchisserie NYHC… Bref, pas la peine d’épiloguer 107 ans là-dessus, c’est juste pour votre culture générale les newbies.
Et histoire d’étoffer cette culture, un petit mot sur Lost & Found, label Allemand célèbre pour avoir enculé nombre de groupes en sortant des albums live, rééditions et autres objets sans la moindre autorisation des dits groupes. La classe quoi ! On peut se demander en toute légitimité si Lost & Found a reversé les royalties de ce skeud au groupe, ou pire, s’il leur a seulement demandé l’autorisation de presser de disque.