CRISIS - Like Sheep Led To Slaughter - 2004 ( The End Records )

Track listing :

1.Omen
2. Waking The Dead
3. A Graveyard For Bitches
4. Nomad
5. Politics Of Domination
6. Blood Burden
7. Rats In A Maze
8. Secrets Of The Prison House
9. Corpus Apocalypse
10. Study In Cancer
11. Exit Catacombs
12. The Fate

12/20

C’est tout convaincu par « The Hollowing », troisieme album de Crisis, que j’ai suivi de loin les problèmes de labels et de batteur du groupe. Encore que coté batteur, vu la tripotée de batteurs différents sur « The Hollowing », et tous de qualité, c’était en fait plutôt un plus pour l’auditeur, après coté repet, compo etc c’est sur c’est chiant…bref tout ça s’est stabilisé pour atterrir chez The End Records et sortir en mai 2004 cet album. Tout occupé que j’étais, j’ai attendu quelque temps avant de le choper surtout car la vidéo d’un titre m’avait calmé.

Crisis, je l’ai déjà dis dans une chronique par ailleurs que je vous invite à lire, est un groupe résoluement moderne dans ses compositions et ses sonorités, le tout inspiré du rock industriel, notamment des Swans. De là, un coté massif, grinçant, saccadé et sombre contrastant avec des plages plus calmes le tout au sein d’un même morceau. Leur zique est légèrement schizo à l’image de la prestation de Karyn au top sur « The Hollowing ». Moderne donc mais pas facile (ou nu comme je définirais ce terme), bref Crisis c’est pas le genre à te lâcher un gros riff binaire pseudo groovy et des lyrics à 2 sous de gosses de riches tout tourmenté par le divorce de papa maman, soldé par le départ de cette dernière et une pénurie de yop à la fraise au frigo. Et bah la vidéo de « Blood Burden » m’a bien déçu de par un coté nu dans la musique, basé sur un de ces riffs faciles passe partout. Le groupe conservait heureusement une saine lourdeur et une relative diversité dans la compo. Bref j’étais tellement refroidi que c’est un sampler de « The End » avec le titre « Nomad » qui m’a poussé à l’achat.

Un coté Hindou pour ouvrir le titre, une progression légèrement épique ou on retrouve le sens de la montée crescendo, Karyn maîtrisant encore plus sa prestation et son style unique.

Il faut quand même plusieurs écoutes pour mieux apprécier mais aussi pour se rendre compte que l’album glisse un peu sur vous dans le sens ou il est moins prenant que son prédécesseur, un peu plus convenu je trouve. Pourquoi je ne sais pas. Pour moi c’est du aux compositions d’abord mais aussi sûrement au fait qu’il n’y a plus l’effet découverte qui avait joué à plein pour moi avec « The Hollowing » mais ce second paramètre est…secondaire après réflexion.

Crisis a quand même un je ne sais quoi de plus poli, de plus arrondi, plus doux, sur ce release et me laisse un arrière goût de facilité, de manque d’originalité, d’une esthétique moins personnelle, et disons le de déception. Reste un album sympa à écouter, de bons titres comme « Nomad » ou « Secrets Of The Prison House », de bons moments (fin écrasante de « Exit Catacombs… » etc), une prestation vocale nickel (on aime ou on aime pas, je vous le concède). On trouve aussi, vous l’aurez compris, des riffs faciles, un backing vox à la Anselmo coulant un bronze sur cette daube de « Far Beyond Driven » (pouark) sur « Study In Cancer », des parties un peu trop doucereuses...

Au final, ça reste du Crisis ; pas de compromission, même si le groupe m’a l’air de vouloir passer à une autre échelle en étant plus « groovy » (mais cette supputation n’est qu’une supputation personnelle basée sur rien de concret.). De plus, comment envisager l’évolution d’un combo au style si spécial après « The Hollowing », refaire le même album ? changer complètement de style ? s’adoucir ? la jouer à l’instinct ? Grande question qu’on se pose en général à propos de bons groupes…ou à l’extrême inverse de gros suiveurs comme Loudblast mais là vous excluez la possibilité d’utiliser l’instinct...quoique les moutons ont sûrement un instinct…ami zoologue bonsoir.

Je penche pour la dernière solution, je suppose que Crisis restera sûrement Crisis avec ses changements de line up (Gia le bassiste est d’ailleurs parti depuis et il avait un bon input coté composition), une évolution des personnalités influençant subtilement son metal core lourdingue. Pour conclure, les fans aimeront ce « Like Sheeps… » mais ne sauteront pas au plafond, pour moi « Like Sheeps… » est une petite déception, pour les autres je reste sur ce conseil : essayez « The Hollowing » beaucoup moins convenu, plus sombre et plus personnel.