CRISIS - The Hollowing - 1997 ( Metal Blade )

Tracklisting:
1. Mechanical Man
2. In The Shadow Of The Sun
3. Fires Of Sorrow
4. Vision And The Verity
5. Kingdom's End
6. After The Flood
7. Sleeping The Wicked
8. Surviving The Siren
9. Take The Low Road
10. Discipline Of Degradation
11. Come To Light

15/20

Présent depuis la sortie de 8 Convulsions en 1994, Crisis officie dans un style à part résolument moderne. Composé de Karyn Crisis au chant, Afzaal Nasirudden à la gratte et Gia Chuan à la basse, et de moult batteur (sur cet album, sinon c’était Fred Waring), Crisis aime la musique lourdingue ponctuée d’envolées désarticulées et dissonantes ou à l’inverse apaisantes. Venant tous de background assez différents, aussi bien au niveau des goûts (de Sabbath à l’indus) que des instruments joués (un violoniste dans le tas), les musiciens proposent un style assez spécial.

Chaque titre est une sorte de petit voyage dans l’état d’âme de Karyn. On passe par plusieurs moods avec habileté. Le groupe à un don pour sortit des riffs groovy mais bien lourdingue (couplet de « Vision And The Verity » et de « Fire Of Sorrow »). Fan de lourdeur, Crisis sort parfois des plans doomy bien sentis. Le feeling des riffs est assez…disons…rythmique et me résultante est vraiment puissante et énergique. Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’il y a un seul gratteux qu’il n’y a pas de variations bien au contraire et d’autant plus qu’Afzaal peut compter sur l’appui de la basse bien lourde et présente.

Sur cet album, le groupe est en pleine maturité. Karyn contrôle très bien sa voix où auparavant les changements constants n’était pas vraiment naturel (criée, beuglée presque death metal, chantée, parlée…) faisant de « Deatshead Extermination » un disque avec des moments sympa mais sans plus. Karyn est en osmose avec la musique du groupe qui gagne en diversité et perd en répétitivité…on la dirait possédée tant elle passe avec fluidité d’un état à un autre. Idem pour le groupe oscillant entre doom/sabbath élephantesque, envolée presque mélodique (comme « After The Flood » dans son intégralité, un petit havre de paix), petits noise à droite à gauche, instrumental délirant (et excellent : « Come To Light »), mélodie simple et fantomatique (« Surviving The Siren »), agressivité genre rouleau compresseur (« Sleeping The Wicked »), montée en puissance (final de « Surviving The Siren »), douce naïveté, riff bien méchants et des batteurs vraiment pas mal du tout.

Hollowing est une grande étape pour le groupe et un disque que je recommande si vous êtes ouvert d’esprit (je pense qu’un crétin true beumeuh criera que c’est trop moderne et tout et tout). Malheureusement depuis inactif, Crisis a galéré pour trouver un label, a déménagé de New York à la Californie, et a un temps songer à changer de nom (Skullsick Nation et une session photo bien ridicule). Le nouvel album est sorti (avec Billy Anderson à la prod). Ils ont donc trouvé un remplaçant à Metal Blade qui avait eu, pour une fois, du flair mais bien du mal à faire quelque chose du groupe tant c’est spécial et différent de ce qu’ils font. Le bienheureux est The End Records. En tout cas je souhaite bonne chance à Crisis et il faut que j’écoute leur prochain skeud et je croise les doigts pour qu’il soit aussi bon que « The Hollowing ».