CONSOLATION - Brave Melvin from the Southern Point - 1995 ( Displeased Records )

1 Murder
2 Ephemera
3 Godmode
4 A clean whistle + American meat
5 Moribund
6 Truckload of hatred
7 Red rum
8 Stahlhelm
9 The truth
10 Dominion fails
11 Brave melvin from the southern point
12 Sin
13 The darkest black

7/20

Ceci est un assez bon exemple de ce machin qu'on a appelé brutal death. Mais un assez bon exemple de brutal death ça reste trop mauvais pour moi. J'ai tout essayé. Y'a rien à faire. Je trouve ce style chiant comme tout, artificiel (le son en plastique étant quasi toujours de mise), même pas brutal (désolé pour le nom donc) et... oh la on va m'envoyer des tomates, mais je m'en fous puisque ma chro est anonyme: débilement mécanique. C'est ça. Débilement mécanique. On parle rarement du brutal death en de tels termes, mais réflexion faite c'est d'une évidence clarissime. Référence à la façon dont la musique est exécutée: carrée, froide, précise, et pesée de telle sorte que seule la partie la plus primitive du cerveau musical n'y trouve éventuellement son compte, les seuls ressentis possibles étant purement
physiques ("ça fait headbanguer/ça fait pas headbanguer, ça donne envie de se bouger le cul à tel rythme, les breaks font fondre les neurones, etc"). On dirait une musique écrite et jouée par une machine, une grosse machine métallique qui passe par ailleurs son temps à broyer des os, et destinée à être écouté par d'autres machines, programmées pour réagir de telle manière à tel stimulus, de telle autre manière à tel autre stimulus, etc.

En plus ils sonnent tous pareil ces groupes: de la double partout, alors qu'il n'en faudrait qu'à certains endroits bien choisis, et mixée façon "papier peint", une grosse voix "gru gru", et des guitares/basse dont les rares mélodies, les harmoniques sombres et le groove se noient rapidement, quand ils existent, dès que le "gru gru", forcément sur-mixé et très présent, se met à gueuler assez fort dans nos oreilles pour qu'on finisse inévitablement par penser "ssstooooop! par pitiééééé!" Plus insupportable que ça, à part les groupes de néo-metal les plus indigestes et ceux qu'ils ont pu influencer (jusque dans les scènes black et death, aïe) je ne vois pas.

Bon vous voyez le tableau quoi... si vous n'avez jamais supporté ce style, ce n'est pas Consolation qui vous fera changer d'avis. Dans le cas contraire, vous pouvez y aller les yeux fermés, vu qu'on a entendu des groupes aux partoches nettement moins lisibles que celui-ci. (Plutôt que de me renvoyer dans les cages à miel les dernières compiles de merde qui me sont passées sous la main afin de vous donner une liste d'exemples dont je me branle, exemples que vous pourriez exiger sous peine de trouver que je ne fais pas mon boulot de chroniqueur correctement, je vous incite à faire ce "travail" vous-même. Un exemple ou une liste d'exemples, c'est meilleur quand ça augmente la pertinence de la chronique -- à savoir ce qu'elle peut enseigner au lecteur -- plutôt que sa crédibilité -- à savoir ce qu'elle peut dévoiler sur l'auteur) Et si vous aimez le brutal death, vous pouvez peut-être m'expliquer POURQUOI c'est si excitant pour les groupes et pour leurs fans de se prendre pour des machines? Vous pouvez peut-être m'expliquer aussi POURQUOI le jeu des musiciens et le son obéissent systématiquement à la logique du "tout au max"? Car il me semble qu'à force
de mettre tout au max, il n'y a plus de dynamique, plus de "différence de potentiel", et donc plus tellement d'électricité, de virulence, de folie, plus de toutes ces sortes de choses qui savent rendre le death metal si accrocheur et si dévastateur.

Vous avez sans doute compris que je n'ai pas grand chose contre Consolation, que le modeste 7/20 que j'accorde à ce CD n'est qu'une expression numérique du (peu de) plaisir que je prends à l'écouter, et non une évaluation du positionnement de "Brave melvin from the southern point" dans la scène brutal death, étant donné que j'ai une résistance coriace à ce style. Qui sait? Peut-être un jour arriverai-je à résoudre les "pourquois" et à y voir enfin plus clair. Ce jour-là, Consolation est un des premiers groupes que je (re)tenterai, car j'ai quand même trouvé un feeling particulier à ce disque, feeling qui malheureusement ne me saute pas aux yeux dans les parties normales (ou alors trop peu), mais plutôt dans les quelques passages plus calmes, plus sombres, ou plus lents du disque, pendant lesquels Consolation m'apparaît soudainement mais trop brièvement comme un groupe à part... vous avez entendu la fin de "Moribund" par exemple? Pas mal non? Ou alors le passage presque symphonique dans "Stahlhelm"? Ca déchire ça putainggg conggg! Comme quoi...