COFFIN TEXTS - Tomb of infinite ritual - 2012 Dark descent

Enfin ! La précédente et seule véritable sortie remonte à 2000 ( et récemment réédité en vinyle par le très avisé et recommande label Nuclear Winter). Le tout ayant été enregistré en 1995 ! Terriblement classique mais dévastateur, le death old school cryptique de Coffin Texts m'avait complètement accroché de par un coté farouche, des riffs vicieux, des passages lents, évoquants parfois (entre autres) Unleashed, et un son poussiéreux mais massif. Un petit coté vicelard sentant le soufre aussi..Bref, le nom de Coffin Texts est sur mes calendes depuis de longues années. Mais soit très feignants soit maudits des dieux, Coffin Texts a plus que pris sont temps et il fallait bien se rencarder pour ne pas perdre la foi !

Ce ne sont pas les errances de R.Cardenas qui a dépanné à droite à gauche (diabolic, Agent Steel, dépannage de Possessed en live) ou les tentatives d'écoutes de groupes connexes (infamy bof) qui m'avait aidé à patienter. Pire même une demo 3 titre sorties en 2002 m'avait fait un peu peur du fait d'un style un peu plus rapide, tournant à la succession de riffs servis par un son plat.

Modulo quelques modifications mineures les titres de ce promo sont tous ici présents. Pour autant l'engin me botte de par une fluidité, une propension à taper des riffs qui font mouche et ont cette touche tourmentée. Tout ceci est bien évidement subjectif mais j'aime me plonger dans ce pavé de death, régulièrement agrémenté de superbes ambiances (fin de sacred eye, refrain de la 1ere partie de «divination» etc etc, gros final avec superbe «deity of the primevil chaos" dont le riff semble sorti de Leprosy). Des écoutes répétées m'ont converti à cette débauche de riffs infernaux envoyés par Richard Gonzales (et ses solis avec un bon feeling à l'ancienne). Une certaine ambitions aussi sur les 8 minutes de Divination, un titre en 3 parties. N'en reste pas moins un arrière gout...

Quelques bemols sont en effet à noter. Le batteur (ex Sadistic Intent) s'il m'a bien plus bénéficie d'un son triggeré enlevant de ce soufre qui faisait le charme du «gods of life..». Cette remarque s'applique aussi à la disto des grattes, de manière bien plus modéré cependant. Seule la voix de Cardenas n'a pas perdu de son caractère possédé de l'ep. La prod est cependant puissante et garde une unité. Par ailleurs les titres, plus longs (6 min de moyenne), sans être une débauche de technique stérile, sont parfois un peu longuets. On sent le plaisir d'envoyer du riff mais garder l'intensité constante n'est pas forcement évident. En ce sens un batteur un peu plus créatif aurait été un plus. De même tempo plus varié...Bref la puissance évocatrice du 1er ep est trop peu retrouvée malgré un gros titre de clôture.

Nous ne sommes donc pas en présence d'un groupe cultissime délivrant un album qui meritait 10 ans d'attente. De facture très classique, en appelant à Altars of Madness, Coffin Texts reste un groupe de série B mais à un petit trucs perso le rendant reconnaissable, peut être un petit coté sentant le soufre, un vice instillé par la voix de Cardenas. Le groupe gagnerait pour autant a en demander plus à son batteur et à diversifier plus ses riffs et tempo. En gros revenir plus vers son 1er ep...que je vous conseille avant cet album, certes très réussi mais dont j'attendais quand même plus en terme d'esprit et de feeling. Je conseille pour autant l'engin qui tourne sur ma platine régulièrement...un death metal US assez pur.