COALESCE - Functioning on impatience - 1998 ( Second Nature )

Tracklisting:

1 – You can’t kill us all
2 – Reoccurring ache of
3 – A new language
4 – My love for the extremes
5 – On being a bastard
6 – Measured in gray
7 – A disgust for details

16/20

Moins d’un an après le monstrueux et suffocant ‘‘Give Them rope’’, Coalesce est de retour avec ce mini album. On s’attardera d’abord sur la fantastique pochette, représentant une coupe de cage thoracique et une colonne vertébrale au dos. Mais c’est surtout l’utilisation de papier calque, la superposition des dessins et l’inversion des impressions qui sont de toute beauté. Le layout, dans le même esprit, est également très soigné. Matt Jones, bassiste de Grade est l’auteur du design.
Musicalement, Coalesce a évolué. Là où le groupe martelait sans fatiguait, ne laissant aucun répit à l’auditeur, on voit apparaître davantage d’espace. ‘‘You Can’t Kill Us All’’ qui ouvre ce ‘‘Functioning On Impatience’’ débute par un phrasé écrasant de Sean Ingram sur lequel se greffe un rythme lent et dépouille. Puis la guitare et la basse entrent. C’est lourd, très lourd mais les rythmiques syncopées et les riffs maths ne tardent pas à faire leur apparition. Même si on respire davantage, la musique de Coalesce n’en demeure pas moins physique et toujours complexe. Un léger feeling rock transpire loin derrière ce magma sonore. On reprend son souffle le temps d’un morceau instrumental, juste avant de se faire happer par ‘‘A New Language’’ et son riff d’intro dissonant et à contretemps, le tout massivement alourdi par les vocaux monocordes du père Ingram. Ce mec est incroyable, il a réussi à enregistrer ces 2 disques plus plusieurs 7’’ avec une seule note ! Trève de plaisanterie. Plus on avance dans ce disque, plus on peut admirer l’inventivité de Jes Steineger à la guitare. Son jeu ne ressemble à rien, du moins rien de typiquement hardcore ou metal. Ses influences seraient plus à chercher du côté de Today Is the Day ou Jesus Lizard, jouant énormément sur les dissonances et un certain inconfort sonore. Mais comme je le disais auparavant, les morceaux respirent et en deviennent presque lisibles et… agréables à écouter.
Côté paroles, Ingram a éclairci son style, rendant ses propos plus compréhensibles. Chaque texte semble s’adresser directement au lecteur (What more do you want from me ? Some sort of apology ? Well I promise that forgiveness is the most you’ll get […]) et là encore certains comportements sont mis à mal (On Being A Bastard). Ingram tient d’ailleurs beaucoup à ses textes comme le montre cette petite phrase dans l’insert : If any of our lyrics spark any questions, please contact me at… Une initiative très appréciable qui renoue avec une certaine tradition punk de la communication malheureusement souvent occultée par de plus en plus de groupes.
Au final, ‘‘Functioning On Impatience’’ se révèle être un disque plus accessible pour découvrir Coalesce mais non moins intéressant que son prédécesseur et voir même un poil plus fin.