Chaos Echoes - Tone Of Things To Come - 2012 (Auto Prod)

Track listing :
1. Rise
2. Interzone I
3. The Innermost Depths Of Knowledge
4. Interzone II
5. Black Mantra
6. Weather the storm

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Voici donc la réincarnation des 2/3 de Bloody Sign, à savoir les fréres Uibo...enfin ! Pourquoi tant d’impatience ? Après tout cela ne fait que 2 ans que le dernier Bloody Sign, justement intitulé Chaos Echoes, est sorti !

La raison en est simple : chaos echoes est un album extrêmement intéressant, parfois avant gardiste (même si je ne sais pas trop ce que ce truc veut dire !), progressif, tout en restant pur mais surtout et c’est bien le plus important, porteur d’un véritable esprit...emprunt d’une belle personnalité de plus ! Bref le genre d’album qui me redonne une vraie foi dans le death metal et me prend par surprise, ce qui fait toujours plaisir après 20 ans de death metal (et dieu sait que je peux être blasé parfois). Je ne m’étendrais pas plus sur ce release qui vole au dessus du lot et vous renvoie à la chronique par ailleurs dans nos pages pour maintenant nous concentrer sur cette nouvelle mouture.

Coté logistique, les frangins ont pris à la basse S.Thanneur, par ailleurs auteur de superbes artworks (dont celui du dernier Bloody Sign et du présent objet du délit). Les vocaux, moins présents que chez BS, seront partagés tout au long des ces 40 minutes. On ajoute E.Testart alternant entre gratte, verres en cristaux etc puis on saupoudre d’effets, de cors, d'un peu de cithare etc. Ce joyeux salmigondis ne doit pas vous effrayer, car, au risque de livrer la conclusion dés le départ, à l’instar du dernier BS, Chaos Echoes réussit la parfaite unité au service d’un "death metal" (c'est un peu restrictif) personnel.

La continuité est bien là, Chaos Echoes est la suite logique du dernier Bloody Sign, qui s’achevait sur des aspects plus portés sur l’ambiance. Rise attaque tout en montée en puissance pour enchainer façon cavalcade. On gouttera des grattes lourdes et une production réussie avant de passer sur du calme, du ronflant avec Interzone I. Cette intermède donne le plaisir de tendre l’oreille pour gouter aux sons, les crépitements façon vinyle, les verres en cristaux, les ricochets suivants chacune des notes jouées à la basse. L’invite à la méditation death metal apporte une belle profondeur. Profondeur très à propos pour annoncer « The Innersmost...», un titre très doom/death, me rappelant un peu Evoken de par les arrangements à la guitare claire apposés à ces accords lourdement plaqués. L’ambiance est de mise sur ce titre alternant les voix couvrant un riff décadent avec de la lourdeur plus standard faisant son petit effet grâce au clavier. Le titre évolue ensuite pour nous permettre de bien entendre la basse et se perdre avec les voix sorties de nulle part...et on continue gaiement. La grande force de tout ceci est la fluidité imparable de la chose. Une putain de maitrise permettant de toucher à l’esprit du death metal...une quasi évocation. Interzone II lui est juste un vrai mantra (les instruments sont là). Je suis très friand de ce genre de chose, la base relaxante est là, une foule de petits détails ornent tout ça de manière très fine pour donner une allure finalement angoissante mais relaxante à la fois...une véritable touche mystique. L’enchainement avec Black Mantra (qui décrirait parfaitement Interzone II) est fluide (le mot clé de ce release)...tout comme l’apparition des cors tibétains s’alliant parfaitement avec le reste. Le titre parfois dans la veine de « the innermost... » s’arrête avant de devenir trop long (et sur un riff me rappelant le refrain de For The Unknown du dernieor BS). « Weathering the storm », très progressif et presque ambiant achève l’auditeur avec ses 12m41s (rrraaahh les petites notes de clavier à la fin...le son, le son mes amis). A noter que le groupe semble accès ses lives sur l’improvisation...et que ce dernier titre (démarrant dans un trip prog/expérimentation) doit être un bon aperçu de tout ceci.

C’est clair avec cette mouture, les freres Uibo sortent encore plus des carcans que le dernier Bloody Sign. Le paradoxe est que je finis par en attendre encore plus de Chaos Echoes, une envie qu’il aillent encore plus loin, qu’ils s’affranchissent encore plus, mais en évitant s’il vous plait, et comme c’est le cas aujourd’hui, le piège de l’avant-garde pour l’avant-garde. Bref je veux la suite !

"Tone of things to come" est donc un titre ambitieux car la barre est haute. Le voyage autour de la vibration sonore et du death metal (au sens de métal de la mort) semble prometteur...j’en suis !