CARCASS - Necroticism - Descanting the insalubrious - 1991 ( Earache )

Tracklisting:
1. Impropagation
2. Corporal Jigsore Quandary
3. Symposium Of Sickness
4. Pedigree Butchery
5. Incarnated Solvent Abuse
6. Carneous Cacoffiny
7. Lavaging Expectorate of Lysergide Composition
8. Forensic Clinicism/The Sanguine Article

18/20

CARCASS est un grand groupe qui a su évoluer à chaque album. On récapitule : un premier disque cultissime et immonde qui fut une pierre fondatrice du grind. Le second, encore plus incontournable, montre des progrès tant au niveau production que musical : les morceaux sont plus longs et diversifiés avec entre autre l'apparition de soli plutôt inspirés. Je pense que c'est du à une plus grande maturité et aux constants progrès de Bill Steer qui s'avérera être en fait un grand amoureux de la 6 cordes (sans pour autant nous faire chier avec des démonstrations techniques). Pour Necroticism, une arrivée de marque à la guitare : Michael Amott (Carnage...). Déjà sollicité à l'époque de Reek Of Putrefaction, il avait décliné l'offre à l'écoute de cet album qu'il avait jugé plutôt faible (dixit l'intéressé).

Necroticism est un pas de plus, et constitue à mon avis le summum de CARCASS, dépassant de peu l’excellent « Symphonies Of Sickness ». Le design est froid et sobre, s'éloignant des couvertures immondes et des logos affreux. La qualité du son est "clinique" : c'est bien produit, clair et précis. Les textes, si ils restent dans un registre médical, sont eux aussi plus froids et deviennent un peu plus abstraits. Enfin le plus important la zique : c'est la grande classe. Froid et clinique sont les mots qui, encore et toujours, me viennent à l'esprit. Les morceaux sont plutôt longs, assez riches et comportent pas mal de riffs inspirés et bien "downtunés" comme toujours avec CARCASS (accordé 2.5 ton en dessous) . La présence de 2 gratteux comme Steer et Amott implique évidemment des soli fréquents qui "embellissent" le tout. Personnellement je n'aime pas les soli car on tombe vite dans la redite, la démonstration technique stérile et cela casse la dynamique d'un morceau. Ici ce n'est pas le cas : ils donnent un coté humain aux morceaux et on peut même parler de feeling.

Par contre, fini les débordements sonores : il y a bien quelques blasts ça et là mais c'est contrôlé. La grosse voix gore est moins présente et moins gore d'ailleurs. Les fans de grind n'y trouveront pas leur compte. Ceci étant ce disque est une réussite musicale et capte toute mon attention quand je l'écoute. Les titres ne vous donneront pas forcément envie de vous taper la tête contre les murs et c'est ce qui déplait aux détracteurs de ce disque : il y a un coté froid, calculateur et mesuré qui contraste vraiment avec la sauvagerie des premiers releases. Vous voila prévenu...Niveau son, idem : c’est moins dégoulinant et on s’oriente vers les grattes plus clean et denses des albums suivants.

A la même époque, le groupe a réenregistré des vieux titres et composé un inédit afin de sortir un mini coïncidant avec la tournée Gods Of Grind. Ce mini est vraiment très bien et plus grind, le tout avec un son Necroticism...le pied.

Juste un dernier mot sur Bill Steer. Il joue actuellement dans un groupe, Firebird, à la Cream période Clapton orienté blues rock et semble avoir honte de son passé. Un c'est dommage, deux : ce n'est pas un manchot.