CABLE - Gutter Queen - 1999 ( Hydra Head )

Tracklisting:
1 -The Sunday Driver
2 - Not Today I'm Not
3 - Clinton St. Blues
4 - Human Interest Story
5 - Feed Mr. Glass
6 - Work Related Injury
7 - Long Distance Dedication
8 - Both Barrels
9 - Dot. Com.
10 - She Is Here
11 - Planet Caravan

14.5/20

Fin des 90’s, un jeune label originaire de Boston commence à faire parler sérieusement de lui. Maison de Cave In, Converge & Botch, Hydra Head grandit rapidement, proposant à chaque sortie de l’époque des groupes originaux et une esthétique léchée.
Cable ne fait pas exception à la règle. Après un premier album de bonne facture sorti sur Doghouse, le quartet devient trio et durcit, pour ne pas dire salir, sévèrement le ton. Du métal hardcore déchiré de base, proche d’Acme et de cette nouvelle vague hardcore Allemande d’alors, il reste l’agressivité tranchante caractéristique du genre. Sauf que le style commence à saturer légèrement et que les gars de Cable sont trop intelligents pour se laisser enfermer dedans et devenir un énième ersatz des cultes teutons. C’est donc à grand coup d’une noise crade façon Today Is The Day des débuts / Unsane et d’un sludge poisseux que Cable va assaisonner sa musique. Un régime loin d’être amaigrissant, bien au contraire. Les tempos s’alourdissent, les ambiances se plombent et même si les gaziers viennent du Massachusetts, on a plus l’impression de se trouver dans les bayous de la Louisiane tellement le son est crade et dégueu, pour mon plus grand plaisir. Rajoutez à ça 3t de disto sur la voix, des structures alambiquées, des passages en son clair… pas très clair et vous aurez une idée de comment sonne Cable sur Gutter Queen. En terme d’ambiance, un côté malsain et tendu prédomine. Le disque fout mal à l’aise. Les quelques passages mélodiques sont mis à mal par des disharmonies bien senties. Quant aux passages plus stoner, ils sont tellement appuyés qu’on a plus l’impression de se prendre un pain dans la gueule qu’envie de taper du pied et hocher de la tête. Cable ne respire pas la joie de vivre et possède une manière bien à lui de l’exprimer. Ici, pas de jérémiades ou de d’instrumentations de cordes pour exprimer cette détresse, mais plutôt une odeur d’asphalte, de tabac froid, de bière cheap et de whiskey frelaté, impression renforcée par des textes noirs, mis en scène comme des saynètes se déroulant sur les routes, croisant à l’occasion quelques rednecks. Si Deliverance avait été tourné dans les 90’s, le trio aurait pu signer une partie de la bande son. Ou à la limite participer à celle de Gummo. Vous situez l’ambiance ?
Gutter Queen entraîne péniblement l’auditeur dans sa déchéance, jusqu’au glauquissime She Is Here, fausse ballade tournant sur quelques arpèges, d’une simplicité déroutante mais d’une profondeur abyssale. En bonus, histoire de détendre un peu l’atmosphère (ou du moins faire semblant de), Cable nous gratifie d’une excellente reprise de Planet Caravan de Black Sabbath, à mon goût nettement meilleure que celle de Pantera.
En ce qui me concerne, cet album reste le meilleur que Cable aie jamais composé, les suivants s’engluant dans un stoner / sludge moins personnel et inventif.