BRUTAL TRUTH - Need To Control - 1994 ( Earache )

Tracklisting:
1 collapse
2 black door mine
3 turn face
4 godplayer
5 i see red
6 ironlung
7 bite the hand
8 ordinary madness
9 media blitz
10 judgement
11 brain trust
12 choice of a new generation
13 mainliner
14 displacement
15 crawlspace

19/20

1994, deuxième album, BT a changé de batteur, la cover est carrément abstraite et si on démarre encore sur des noise industriels, BT se fait encore plus lourd et surtout inquiétant en posant un « Collapse » lourdingue et hypnotique à souhait post death et post core genre bande originale d’un paysage de catastrophe industrielle.

On enchaîne direct sur un brûlot torturé et agressif sur lequel on sent bien que BT a zappé le coté death mais tout en restant toujours aussi brutal. Apparaît un coté punk sur le couplet bien entraînant contrastant pas mal avec le refrain overspeedé et presque indigeste de violence. Le second titre confirme qu’on est bien en plein post grind, le coté moderne et punk de l’approche. Le coté carré n’est plus là, attention c’est ultra propre mais le démoniaque ganjaman Rich Hoak (batterie) va imprimer son style si particulier jusque dans les compos (genre fièvre cannabique). L’expérimentation, la sortie des chemins battus sont encore plus manifestes sur le génial « Godplayer », qui voit Gurn poser un style de riffing qui lui est propre mariant noise et speed, dissonance et lourdeur bref, ça sent bon la schizophrénie. Le break est excellent, presque dansant mais reprend bien vite figure inquiétante avant de passer sur du heavy de chez heavy nageant au dessus d’un didegeridoo ! Sur « I see Red » on prend bien la mesure de l’influence punk et Kevin Sharp excelle dans la voix hurlée abrasive ultra agressive et en n’en appelle quasiment plus au grunt death.

Le coté noise/indus est rehaussé par 2 titres « instrumentaux » purement bruyant. Si ils ne sont pas très ultimes, ils participent au climat oppressant de ce disque. « Bite The Hand » s’avère bien douloureux et permet à Gurn de poser ses frasques délirantes. La pression est très forte, au bord de l’explosion, et c’est là que BT prend à revers avec « Ordinary Madness » en posant une petite bombe de frustration un peu dans l’esprit du dernier titre de Napalm Death sur « Utopia Banished ». Une ligne de basse bien triste, plombée de guitares et surtout par Kevin Sharp qui hurle sa frustration et son dégoût voir sa douleur (sur la fin du titre). Là encore, frasques noises de Gurn qui pose un solo et moults larsens qui finissent d’apporter la touche décadente au titre. Un morceau vraiment fort et prenant, genre lessivant à écouter.

On calme le jeu en repartant sur une reprise punk bien enlevée et énervée des Germs. Avant de ré-enchaîné sur du pur BT. Bon moi j’arrête de décrire les morceaux car la je savoure grave. Putain c’est trop bon, « Braintrust » et son refrain avec les voix fantomatiques en arrière plan, le couplet ultra brutal et le break funky à la sauce BT (brutaaaaaaaallllll). Ensuite une petite hymne grind keupon ultra efficace à la ganja avec intervention de la basse ronflante du sieur Dan Lilker. Sur le couplet de « Mailiner » BT se fait un peu indigeste mais c’est bien le seul moment de l’album (un couplet putain, juste ça). Sur « Displacement » c’est heavy, grind, mais presque planant même si plombé (au bon sens du terme) grave avec une bonnes accélérations dont seul BT à le secret. On finit sur « Crawlspace», petit morceau noise aux sonorités hérissantes.

C’est pour moi L’ALBUM de BT, celui où ils posent enfin leur style unique et psychotique mais toujours aussi, voir plus, sauvage et in your face. Une mixture nihiliste assez ultime. Par rapport au premier album c’est presque un autre groupe. Sauf que contrairement à pas mal de groupe, quand BT change de visage c’est pour devenir plus brutal et jusqu’au boutiste. « Need To Control » est un classique du grind auquel tous les amateurs de sensation forte devraient s’adonner. Par ailleurs c’est un album vraiment mature et adulte. C’est aussi le coté de BT que j’adore, on est pas en face d’une bande de gosses énervés mais bien d’adultes psychopathe patentés. Ce qu’ils expriment est très fort et crédible à tous les niveaux. Je l’avais écouté comme un fou quelques années après sa sortie et j’aime toujours autant, gage de qualité. Il réclame pas mal d’écoutes car un peu indigeste tant il fourmille de truc. Mais le jeu en vaut la chandelle.