BRUTAL TRUTH - Extreme Conditions Demand Extreme Responses - 1992 ( Earache )

Tracklisting:
1 p.s.p.i.
2 birth of ignorance
3 stench of profit
4 ill-neglect
5 denial of existence
6 regression/progression
7 collateral damage
8 time
9 walking corpse
10 monetary gain
11 wilt
12 h.o.p.e.
13 blockhead
14 anti-homophobe
15 unjust compromise

16/20

Dan Lilker en créant ce groupe montre qu’il a toujours été à la pointe de la brutalité et qu’il est loin de s’assagir avec le temps bien au contraire.. D’abord dans Anthrax, parmi les pionniers du thrash, puis dans SOD auteurs d’un classique mêlant hardcore et metal, s’inscrivant avec les Reign In Blood et autres Master Of Puppets dans le panthéon des skeuds thrash des 80’s et enfin géniteur de Nuclear Assault (moins réussi là), Dan rattrape le coup en étant à l’instigation en 1990 d’un des groupes les plus fous et sauvages de la planète metal : BRUTAL TRUTH.

Une démo bien convaincante a suffit à faire décider Digby à les signer chez Earache pour sortir ce skeud assez excellent. Si il ne révolutionne pas le genre, il a l’avantage de mêler grind et death comme jamais fait. On retrouve l’esprit punk, bruyant et blastant du grind mais aussi un son abrasif, un coté bien carré et de gros passage heavy propre au death. Par ailleurs le batteur, Scott Lewis, est exemplaire au sens ou s’il insuffle la folie grind il a un jeu bien consistant, carré et occupe beaucoup l’espace en s’agençant très bien avec les guitares pour décupler le coté percutant de certains riffs. Par ailleurs il a une bonne frappe à toute les vitesses. Bonne mention aussi au gratteux, vraiment très propre et au son de basse de Dan qui apporte en gras.

On démarre avec un « Bith Of Ignorance » et son intro slayerienne suivi d’un riff qui nous rappelle une fois pour toute qu’on rentre dans le royaume de la non concession et de la brutalité. Pas une trace de mélodie sur cet album mais des accélérations foudroyantes à mon avis jamais vu à l’époque: il amène le blast à un nouveau paroxysme après les niveaux atteint par Mick Harris chez Napalm Death. Le tout alterné avec des passages heavy bien catchy. Vous me direz certes que cela ne sonne pas très attrayant mais j’aimerais bien insisté sur le coté sauvage de ce cd qui amena la brutalité à un nouveau niveau. Un titre comme « Stench Of The Prohet » est l’archétype d’une tuerie sans nom. Un riff simple d’abord posé par la basse grondant de Dan puis la batterie ultra rapide. Le titre suivant reprend les mêmes éléments mais un break catchy rappelle les origines thrash de Dan et aussi de Gurn, roadie de Nuclear Assault, guitariste de son état. Sur « Ill-Neglect » rien à dire, peut être un peu long mais truffé de bons trucs. Une petite période moins bien (mais carrément écoutable) jusqu’à « Time ». Ce titre est vraiment cool : basé sur un riff presque doom où la basse de Dan est bien audible et puissante, BT pilone grave. Ensuite un classique de BT : « Walking Corpse » ultra brutal avec un refrain carré comme seul un gratteux de thrash pouvait en poser : carré et propre. « Monetary Gain » relâche la pression, encore que. Ensuite, le titre qui m’a conquis, « Wilt » un death lourdingue alterné avec des accélérations foudroyantes…et je pourrais continuer comme ça avec « H.O.P.E » et autre « Anti Homophobe ».

Le coté direct, grosse réussite de ce cd, rend quand même parfois certains moments un peu longs : dur d’être efficace sur 15 titres en continu (14 en fait, PSPI est une intro). Sortent clairement du lot “Birth…” , “Stench…”, “Ill Neglect”, “Collateral…”, “Time”, “Walking Corpse”, “Wilt”, “H.O.P.E” (putain de blast avec la claire qui claque vraiment, y a la patate), “Blockhead”, “Anti-homophobe”. Pour autant, la force de ce cd c’est que chaque titre a au moins un passage catchy. Par exemple, le break de « Denial Of Existence » récupère un titre certes basé sur les mêmes éléments, la même qualité d’exécution, la même folie mais qui le fait moins pour causes de riffs moyens (ça reste quand même des riffs pour lequel 90% des groupes de grind/death devraient tuer leurs mères).

Enfin bon je dis 15 titres mais il faut savoir que « Collateral Damage » dure quelques secondes dans la grande tradition d’un Napalm Death. Idem pour « Blockhead ». C’est sur ces titres que la musique de BT avait été comparé à juste titre à un « moving train accident ».

Au final un bon skeud mais pas l’apothéose de BT car l’innovation n’est pas assez forte, on situe bien les influences et si l’idée de les croiser est très réussie et fluide ici, BT doit encore faire un effort pour développer SON propre style. La tache est dure, 95% des groupes échouent (voire surtout n’essaient même pas) mais BT en avait carrément les moyens et allait réussir. En tout cas 12 ans après je trouve que cet album n’a pas pris trop de rides et reste bien brutal. Pour moi c’est un peu comme le Terrorizer, pour l’époque c’était ultra bien exécuté, en avance sur l’époque (sauf que BT a de vraies paroles). Des putains de machines à brutaliser….