BREACH - Kollapse - 2001 ( Burning Heart Records )

Tracklisting:

1. Big Strong Boss
2. Old Ass Player
3. Sphincter Ani
4. Alarma
5. Lost Crew
6. Teeth Out
7. Breathing Dust
8. Mr. Marshall
9. Seven
10. Murder Kings And Killer Queens
11. Kollapse

19/20

Le Breach nouveau a atterri dans ma platine et c’est tout fébrile que je désensable mes Portugaise et les présente aux baffles de ma stéréo. 1er morceau instrumental à la fois très rythmique et très mélodique. Ouais, pas mal du tout. La suite, vite ! Deuxième morceau, on reconnaît le style de Breach dès les premières notes. Néanmoins le groupe apporte de nouveaux artifices à sa musique et surtout au niveau de la, ou plutôt des voix. Tomas est toujours très présent avec son timbre bien particulier mais il se retrouve ici secondé par un autre chanteur qui semble complètement possédé. C’est plus proche des hurlements d’un loup sous acide (j’en ai personnellement jamais rencontré mais j’essaye d’imaginer ça) que des éructions typiquement post hardcore. La musique est bien barrée aussi, tordue comme il faut et heavy as fuck ! Petite interlude très calme et Breach nous livre ‘’Alarma’’ qui est sûrement le morceau le plus lourd et le plus crade enregistré par le groupe. Gros accords balancés dans le vide par dessus lesquels vient se greffer un peu plus tard un rythme lancinant, une seconde guitare triturée au possible et finalement la voix bien pesante de Tomas. Imparable ! ‘’Lost Crew’’ enchaine directement derrière. Préparez vos cervicales, Breach vous emmène pour 5 min d’un rocking hardcore (que n’aurait pas renié Turbonegro) endiablé où vocaux hurlés et voix… ‘’chantée’’ se donnent la réplique. Idéal pour taper du pied comme un damné et garder la forme en dansant sur des rythmes frénétiques où la complémentarité des guitares fait là encore ses preuves. Ce groupe sait comment faire groover, yeah ! Fin du morceau et c’est là qu’intervient la surprise la plus importante de ce ‘’Kollapse’’. Piste 6, morceau ‘’Teeth Out’’, souvenez-vous en ! Changement radical de ton au profit d’un long morceau instrumental de 10 minutes tout en montée. Ce morceau, c’est un riff de guitare qui se décline, s’épaissit, tourne et se retourne dans tous les sens, accompagné par une orchestration sans faille jouant sur les variations d’intensité, les passages en son clair et en disto et les ambiances très organiques. Trippant. Les Suédois n’avaient jamais rien pondu de tel auparavant. On arrive dans la deuxième moitié de l’album et commence alors une véritable descente aux Enfers. Breach pousse plus loin les côtés sombres de sa musique. Des morceaux comme ‘‘Mr Marshall’’ ou ‘’Killer Kings and Murder Queens’’ possèdent des ambiances à faire pâlir de jalousie Neurosis sur ‘‘Through Silver In Blood’’. J’ai même lu quelqu’un y trouver quelques similitudes avec Blut Aus Nord sur ‘‘The Work Which Transforms God’’. L’album se termine par le morceau titre, réponse calme à ‘‘Teeth Out’’. Après avoir écouté cet album un nombre incalculable de fois, je ne m’en lasse toujours pas. Ce disque se divise en 3 parties imbriquées les unes dans les autres : morceaux instrumentaux, morceaux assez rock et autres beaucoup plus lourds et sombres.
L’artwork est très minimaliste et les paroles ont été complètement occultées du livret. Dommage. Mais la nouvelle la plus triste est que cet album est le dernier de Breach et qu’il n’y aura pas de successeur à Kollapse. Mieux vaut certainement partir sur cette image d’un groupe qui a toujours su évoluer et se remettre en question, assumant pleinement ses influences tout en les digérant à sa sauce et puis surtout, qui a su prendre des risques et s’est toujours fait plaisir. Messieurs, je ne peux que vous féliciter.