BREACH - It's Me God - 1997 ( Burning Heart Records )

Tracklisting:
1. Valid
2. God Forbid Me
3. Deadheads
4. Painted Face
5. Clot
6. Centre
7. Replenish The Empty
8. Presume The Forgotten
9. Bloodlines
10. In My Realm
11. Divine

18/20

Je l’attendais celui-là et de pied ferme. Mais je ne m’attendais pas du tout à ce qui allait rentrer dans mes petites oreilles. Changement radical dans le son qui n’a plus grand chose à voir avec celui du Sunlight. C’est ici plus étouffé, crade, noisy. Le premier morceau pose donne le ton avec son ambiance lourde et oppressante. Neurosis et Unsane ne sont pas loin mais Breach arrive à éviter le pastiche avec brio. Les ambiances neurosiennes époque Enemy Of The Sun sont condensées dans des morceaux de 3 minutes qui se permettent quelques accélérations un brin rock. La voix, qui n’apparaît qu’à la toute fin du premier morceau, connaît aussi quelques changements. Fini la grosse voix grave bien rocailleuse, Tomas s’essaye ici un à style plus crié et plus aiguë, pas très éloigné de Scott Kelly. Et ça colle parfaitement à la musique. Avec ‘‘It’s Me God’’, la musique de Breach prend une nouvelle dimension. Les structures deviennent plus complexes, le travail sur les ambiances plombées et tendues est énorme, les nappes de guitares se superposent avec brio, les rythmes se font plus tribaux et la tension ne baisse jamais d’un poil si ce n’est sur quelques bidouillages le temps d’un morceau. Cet album transpire la colère et la frustration. Breach a compris ce que le mot intensité signifie et en décline toutes ses formes avec classe.
Le packaging est de toute beauté, présenté dans une sorte de digisleeve blanc, des dessins remplaçant les paroles, non imprimées sur cet album.
Breach vient de franchir une étape, développe un style bien à lui bien que l’ombre de Neurosis plane au-dessus de cet album. Le groupe devient cité comme influence par de jeunes groupes en formation ou comme référence lors de chroniques de disques. Breach se paye même le luxe de tourner à travers l’Europe avec Neurosis (tournée assurée une jambe dans le plâtre par le chanteur) et devient incontournable. Bien que toujours sur Burning Heart (donc Epitaph pour les Etats-Unis), c’est Relapse qui s’occupe (un peu plus tard) du pressage ricain.
La Suède vient d’accoucher d’un nouveau monstre et son nom est Breach. Le titre de l’album serait-il révélateur ?