BREACH - Frictions - 1995 ( Burning Heart Records )

Tracklisting:
1 – Detachment
2 – Always nothing
3 – Curfew
4 – Stray away
5 – Flames
6 – Alone
7 – Almighty generation
8 – Time can not replace
9 – Define me
10 – Fiction
11 – What’s profound ? (what’s essential)
12 – Detached / public holocaust

14/20

Milieu des 90’s, Victory records semble présenter ce qui se fait de mieux en hardcore métal ou new school (rayez la mention inutile) avec ses poulains d’Earth Crisis, Bloodlet, Deadguy, Snapcase, etc. La scène US marque son hégémonie mais l’Europe ne compte pas en rester là. Déjà, Refused nous balance son ‘’Songs To Fan The Flames Of Discontents’’ et se fait avec Abhinanda le porte-drapeau d’une scène suédoise (principalement basée à Umea) en pleine expansion. Plus discret, Breach, après un premier un mini album pas mal mais sans plus, propose son deuxième effort intitulé ‘’Frictions’’. Injustement présenté par Burning Hearts records comme la réponse suédoise à Earth Crisis (faut bien vendre), Breach se paye le luxe de mélanger diverses influences dont la 1ère passera par le choix du studio. Son gras, ultra saturé, bref le bon son Sunlight comme j’aime. Evidemment, difficile de ne pas penser à Entombed mais Breach puise ses racines dans la scène punk hardcore (Entombed aussi d’ailleurs) , le prouvant avec cette reprise d’Apesex qui clôt l’album. Breach travaille également les ambiances lourdes et pesantes. Le premier morceau commence sur un compte à rebours et nous plonge dans un abîme de lourdeur et de tristesse. Un sentiment d’enlisement et d’abattement surnage. Le ton est donné. Même si le reste des morceaux évolue à un tempo un peu plus élevé, Breach ne pousse jamais l’accélérateur à fond et préfère maintenir une vitesse modérée, maintenant une certaine pression et s’interdisant toute envolée pouvant apporter un brin d’air à cette masse sonore compacte. Et pourtant les suédois s’autorisent quelques finesses, travaillant bien le jeu des deux guitares. Pas de solo, mais des lignes plus mélodiques ou parfois plus noisy. L’influence d’Unsane est également présente, mais plus discrète. La voix, quant à elle, ne fait pas dans le détail. Grave, rauque, puissante, elle colle parfaitement à la musique.
Le disque est présenté dans un digipack bien classe, avec une pochette originale, présentant un amas de ferraille. Le livret est bien travaillé aussi, avec un visuel intéressant, comme si les paroles, personnelles, étaient imprimées sur papier craft.
Breach vient de frapper fort avec ce 1er véritable album et pose les bases de ce qui va devenir une brillante carrière discographique.