BEHERIT - The oath of black blood - 1991 ( Turbo Music )

Tracklisting:
1. Intro
2. Metal Of Death
3. The Oath Of Black Blood
4. Grave Desecration
5. Witchcraft
6. Goat Worship
7. Demonomancy
8. Black Mass Prayer
9. Beast Of Damnation
10. Hail Sathanas
11. Dawn Of Satan's Millenium

16.5/20

Avant que le Black Metal soit enregistré par le dernier producteur à la mode dans le petit monde de l'extrême formaté, avant que les groupes partent en tournées, qu'ils fassent la couv' des magazines à peine spécialisés, avant que les batteries soient triggées à outrance, que les sons soient polis pour faire joli sur les samplers quand le représentant de ce Black Metal de merde se retrouve coincé, mais heureux d'y être, entre Symphony X et Manowar il y avait un sens profond qui faisait exister ce style et lui donnait une réelle consistance. Tout ce sens se retrouve emprisonné dans cet album : "The Oath Of Black Blood" ou l'une des définitions les plus obscures du Black Metal…"raw" par définition !
Cet album est le représentation la plus horrifique de la musique, loin des méchants de carnaval sponsorisés par Osmose qui après avoir voulu nous faire bouffer du punck rock Scandinave et de l'electro indus indigeste, (remember l'épisode risible Kron H), nous vend aujourd'hui l'extrême bien propre pour tenter de retrouver un semblant de crédibilité auprès du public le plus intègre mais sans trop choquer le lecteur de Hard n' Heavy…héhé… Beherit sur ce culte sonore explose toute forme d'humanité, de maîtrise et de mélodie. Tout est sauvage, brutal, violent, et chaque titre devient une déflagration d'obscurantisme pur, comme si le chaos ne pouvait qu'être sonore tant le bruit qui s'extirpe brutalement des enceintes est malsain, malsain, malsain !!!.
26 minutes pour 10 morceaux rapides, agressifs, sans réelles structures, mal aérés par quelques breaks gluants et étouffants. Les guitares dégoulinent et crachent des riffs basiques sèchement saturés, des mélodies sombres qui naviguent difficilement sur un flot de vocaux inhumains et démoniaques. Des vocaux "rêches" et sales qui comme l'intro de "Demonomancy" intensifient le malaise intense et témoignent d'une véritable volonté de nuire à toute forme de vie qui osera tenter l'expérience. L'ambiance est morbide, bestiale. Le spectre sonore n'est pas stable, parfois tout s'effondre sous l'effet d'un mix approximatif, la batterie est pourrie, les cymbales sont en taule ondulée, les grosses caisses en carton …évidemment tout cela est moche, presque désagréable tellement ça pue la mort, mais c'est définitivement ainsi que les choses doivent être !