BEHEMOTH - Demigod - 2004 ( Regain Records )

Tracklisting:
1. Sculpting The Throne Ov Seth
2. Demigod
3. Conquer All
4. The Nephilim Rising
5. Towards Babylon
6. Before Aeons Came
7. Mysterium Coniunctionis (hermanubis)
8. Xul
9. Slaves Shall Serve
10. The Reign Ov Shemsu-hor

11/20

C'est donc lui l'album dont tout le monde parle en ce moment, cet album monumental, sans failles, qui réunit ce qui se fait de mieux dans le genre et semble faire l'unanimité.
Cet album au sujet duquel Nergal déclare "j'aimerai qu'il nous hisse au sommet de la hiérarchie du metal extrême. Jouer dans la cour des Deicide, Morbid Angel, Nile ou Dimmu Borgir." Tout cela est très ambitieux, certes, mais il y avait peut être d'autres moyens pour parvenir à ses fins que de pomper sans honte et sans retenue les groupes sus cités. Behemoth n'y va pas par quatre chemins et pille Morbid Angel de ses structures & riffs, emprunte à Nile son penchant pour les mélodies Orientales, opte sans hésiter pour l'utilisation de vocaux doublés made in Deicide (et ce de façon systématique sur tout l'album ce qui devient vite lassant) et vole leurs jupettes en cuir aux membres de Dimmu Borgir car il faut aussi penser à soigner l'image. Bref le groupe observe ce qui fonctionne et prépare sa mixture, (après une savante étude de marché diront les plus méchants), en espérant atteindre son but.
Côté production là non plus aucun risque n'est pris, le travail étant confié à Daniel Bergstrand à qui l'on doit le gros son de Meshuggah ou Straping Young Lad. Le son est donc puissant, clair, précis et surtout propre, très très propre, beaucoup trop propre diront certains et ils n'auront pas tort. Le tout sonne plastique, artificiel et l'on ne peut s'empêcher de penser au récent "son" de batterie Hérétique de l'Ange Morbide qui permet à ici Inferno de sonner plus froidement qu'une boite à rythmes.
Afin de satisfaire tout le monde et pour être certain de ne pas rater son coup Nergal travaille son style et propose d'excellents solos mélodiques, limpides et mémorisables mais à l'écoute desquels nous ne pouvons nous empêcher de penser au regretté Chuck…décidemment.
Est il intéressant maintenant pour l'auditeur intime avec le travail des pointures citées plus haut de les entendre réunies sur un même album ? Est-il passionnant d'entendre ce mélange stratégique, certes parfaitement executé mais également parfaitement lisse et surtout délesté de la dose de folie et de sauvagerie inhérente à tout bon album de death metal qui se respecte ? Apparemment beaucoup semblent s'en satisfaire en cette période de nivellement pas le bas mais accordons nous le droit d'être sceptique devant le perfectionnisme extrême avec lequel ce produit est pensé, composé puis fabriqué. Accordons nous le droit de regretter cette créativité en voie de disparition qui était, il fût un temps presque lointain, la seule garante d'une reconnaissance réelle et sérieuse.
A l'écoute de ce que peut proposer Behemoth on ne peut que regretter que le groupe en reste au stade de photocopieuse de luxe et tant de capacités mal exploitées laissent un arrière goût amer qui amène fort logiquement à se demander quand Nergal se décidera enfin à oublier d'écouter ses maîtres décidemment trop envahissants pour se consacrer pleinement à sa propre musique sans se soucier de la porter coûte que coûte au panthéon du metal extrême…un peu de spontanéité bordel de merde !!