Altars - Paramnesia - 2013 (Nuclear Winter)

Track listing :
8 titres

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Intéressé par ce que j’avais pu entendre du groupe sur la split tape avec Heaving Earth sortie chez Nihilitic Holocaust, je me suis rapidement mis en mouvement pour jeter une oreille à ce 1er album. Pour être clair, par rapport à Heaving Earth, très en place, mais s’enfermant dans un rip off Immolation avec une touche Hate Eternal, le death chaotique à la prod tourmentée de Altars m’avait accroché l’oreille (et une fois de plus Gab de Nihilistic Holocaust a eu du nez !).

En leur attachant les services de Denis Forkas à l’artwork, Anastasis de Nuclear Winter a lui aussi eu du nez et ce d’autant plus que le groupe a monté en qualité. Epaisseur, dantesque et sombre...riffs et rythmes un peu tordus, Altars ouvre le bal avec un titre de qualité, qui paradoxalement ravi de par son coté tordu et son odeur de mort mais sans sortir totalement de terres connues...laissant plutôt poindre un groupe solide et sombre manipulant finement, voir s’appropriant, ses influences mais pas non plus révolutionnaire.

Densité et lourdeur sont les maitres mots ici bas. Et pourquoi pas noirceur aussi. En clair (ou plutôt en sombre), Altars nous la joue monolithe de la mort...Plein d’intensité, le groupe est multi-influence, ne sonne ni ancien ni moderne, et arrive à conserver une bonne intensité ainsi qu’une certaine cohésion. Menaçant, Altars a parfois un coté brutal à la Morbid Angel de Domination/FFttF/Gateways (pas pour les parties speed mais les parties heavy, le groove et la la petite impression d’arrogance), des dissonances Immolation-esque, une épaisseur grasse façon Onward To Golgotha, un coté chaotique Australien, une touche très marginale de Gorguts... le tout servi par un son violent, un batteur inspiré et un growl monolithique réussi (là où Witchrist se plante complètement sur «the grand tormentor»).

On sent une envie et de grands moments morbides, un coté caverneux et prenant qui fait de Paramnesia un très bon 1er album, je le répète pas révolutionnaire, même s’il se place dans la catégorie de ceux qui font avancer les choses, mais suffisamment personnel et morbide pour rester notable et frais (si si !!). Altars fait preuve d’une bonne maturité mais force est d’avouer que parfois on ne saisit pas où ils veulent aller dans leur compos. N'hésitant pas à longuement s'étendre, le groupe se perd ponctuellement un peu en route et la lassitude peut apparaitre. Cela rend l’album moins mystérieux que ce qu’il veut paraitre être et rappelle qu’il ne faut pas confondre aimer et envie d’aimer (c’est beau): pleins d'éléments sont là, de grands moments aussi mais il faudrait parfois exhaler plus de folie, afin de donner vie à un feeling d’un autre monde...et être plus «focusé» comme diraient les anglais.

Certains me trouveront dur mais si je me permet de tels commentaires, c’est aux vues des capacités supérieures du groupe. Très recommandable tout de même...et me conforte dans l’idée qu’il y a un truc malsain en Australie...