AGRESSOR - Medieval Rites - 1999 ( Season of Mist )

Track Listing :

1.Medieval Rites
2.Bloodshed
3.The Woodguy Vs. The Black Beast
4.The Sorcerer
5.(i Am The) Spirit Of Evil
6.Wandering Soul
7.Tye-melane Melda
8.God From The Sky
9.Welcome Home
10.On Dolinde
11.Burial Desecration
12.Tribal Dance
13.At Night

16/20

Depuis le milieu des années 90, les sudistes d’Agressor se sont fait plutôt discrets, mais si c’est le fait de prendre leur temps (ainsi que des remaniements fréquents de lineups) qui leur permet d’accoucher d’albums d’aussi bonne qualité que ce Rites Médiévaux, j’en reprendrais bien encore un peu m’dame. « Conceptuel » mais sans prise de tête (la plupart des concurrents se sont déjà cassés les dents à ce stade), Medieval Rites distille un mélange de riffs simples et de nombreux intermèdes folk aux sonorités à la fois authentiques et mystérieuses. Derrière la simplicité apparente de la zique, se cache une impressionnante maîtrise de la technique instrumentale et de la sonorité. Chaque riff, chaque beat semble être le fruit d’un choix mûrement pesé, complété par le souci du rendu sonore de chaque note. Les guitares ont un son particulier, rugueuses dans les accords et la lourdeur, onctueux sur les trémolos quand le tempo s’envole. Le son de batterie est quant à lui un compromis idéal entre naturel et précision. Les voix et enfin la basse sont mixées dans le plus pur style metal : pour les premières, on les entend distinctement, mais juste assez pour qu’on ne remarque pas leur absence lors des longues parties instrumentales ; pour la seconde : c’est l’inverse.
D’habitude avec un skeud de metal je ne considère les intermèdes atmosphériques que comme des ornements plus ou moins superflus dans le meilleur des cas, même chose pour les instruments exotiques, voire même parfois pour les claviers. Un exemple classique est le ‘Testimony of the Ancients’ de Pestilence ou plus près de nous, ‘Heretic’ de Morbid Angel. Ici, je ne parviens pas à me concentrer uniquement sur les arrangements guitare électrique/basse/batterie propres au metal. Les éléments ‘folk’ (terme à prendre avec des pincettes) et les éléments metal restent séparés tout au long du skeud, mais au final tout ça s’additionne en un tout indissociable. Un exercice de style où les prétendants sont innombrables et ceux qui s’en sortent très rares. Agressor y parvient, comme si les influences death, heavy et accoustiques représentaient chacune une facette de l’univers moyenâgeux décrit par ce skeud. Il faut donc plus parler de fil directeur que de réel album concept. Le tout est transcendé par un bon goût et une personnalité presque miraculeux dans cette sous catégorie surpeuplée. Ça tombe bien, Agressor est un groupe assez ancien et expérimenté pour ne pas vraiment rentrer dans une catégorie particulière.
Heavy metal ? oui, il y en a une part non négligeable ici, pas seulement dans la reprise vraiment superbe du King Diamond ‘Welcome Home’, mais surtout dans la façon de jouer et la prod’, même dans les parties les plus brutales. Pas vraiment nouveau comme influence chez Agressor, mais rarement aussi évident auparavant. Mélange de classieux et de sobre en toutes circonstances quoi. Le gars Alexor ne s’est vraiment pas loupé sur ce come back qui s’écoute avec délectation et recommandé comme il se doit par la maison.