Wreck of The Hesperus - The sunken threshold - 2006 (Aesthetic death )

Tracklisting:
1. Stop the black coffins
2. Grave signal
3. The osseous tomb (echoes of winter)

Inconnu de moi jusqu’il y a peu, les irlandais, tirant leur patronyme d’un sympathique et joyeux poème, offrent ici 3 compositions dans un style qu’on rangera dans la case doom. Minimaliste pour sur, le doom de WoTH est sale, un peu vicieux et plutôt cru. Loin d’un doom traditionnel, d’un death doom ou d’un funeral (encore que mais ce n’est pas si simple), WoTH sert un style décharné, rappelant marginalement le coté grotesque qu’Autopsy savait développer sur certains riff lents.

Pour ce faire, WoTH base ses titres sur un riff, parfois 2, et une batterie prompt à groover. Je m’explique, quand je dis groove je ne parle pas d’un style à la Sleep, non disons que pour ce type d’ambiance la batterie groove. Cela ne jure pas, au contraire, mais fait partie du tout, apporte un plus. En fait, du fait du batteur, l’ambiance un peu dépravée prend un coté procession grotesque de dépressifs, un peu haineux. Ah oui, j’oubliais de dire que la voix, plutôt black donne un petit coté haineux/dégouté. Tant qu’à parler des instruments, la basse est bien audible donnant un coté enveloppant au tout.

Vu l’ambiance, l’adjectif funeral pourrait convenir, en même temps la batterie, sans groover, . De même le tempo ne confine pas non plus au drone. Pourtant, du drone on retiendra cette propension à la trance, ce truc hypnotique qui fait qu’on scotche sur des titres avec finalement un ou deux riffs. Un coté ambiant…qui joue à plein sur le break de « the osseous tomb »…ou les effets sur la fin de « grave signal ».

Faisons simple : en un mot WoTH est sinistre…allez ajoutons un 2eme mot : inhumain

Depuis 2006, je n’en avais jamais entendu parler de WOTH et j’en ai eu vent par une voie bien détournée. C’est fort dommage, et j’espère que « lights rotting out » sorti il y a peu, dans la droite lignée du style, verra WoTH gagner une notoriété, tout est relatif, bien méritée. En tout cas sur cet ep, la mission est réussie, l’écoute du release enlève tout espoir et WoTH développe un style un peu déstructuré qui lui est propre et qui fait sens.