Trouble - Psalm 9 - 1984 (Metal blade)

Tracklisting:
1. The tempter
2. Assassin
3. Victim of the insane
4. Revelation
5. Bastar will pay
6. The fall of Lucifer
7. Endtime
8. Psalm 9
9. Tales of brave Ulysses (cream cover)

16/20

Certains le savaient déjà mais je déteste le heavy metal, tous ces groupes des 80's avec leurs riffs joyeux, leurs futes moulant, les beaux soli mélodiques pouark pouark pouark... j'ai beau essayé, récemment c'est avec Judas Priest que je me torture, mais je ne peux pas... c'est plus fort que moi... que voulez vous quand on a été élevé au death metal...

Pour autant certains releases sortent du lot, je pense notament au Killers de Iron Maiden et à ce Psalm 9 (initialement éponyme). Injustement catalogué revival Black Sabbath, sortant cet album alors que le thrash se répandait comme la peste, Trouble allait connaitre des temps difficiles. Pourtant cet album, s'il n'est pas 100% novateur, n'en reste pas moins d'une grande qualité encore aujourd'hui. Il porte en lui la quintessence du metal du vrai, de celui qui descend de Black Sabbath. Mais surtout Trouble, sur ce premier album, lui donne une nouvelle direction à ce metal. Le son tranchant, associé à un léger downtuning, tape dés le premier superbe titre, "the tempter", classique du doom... qui allait en influencer beaucoup (Solitude Aeturnus et cie).

Bien plus diversifié qu'un Pentagram ou qu'un Saint Vitus, avec un coté épique mais moins gavant qu'un Candlemass, Trouble a plus d'une facette. On notera la propension thrashisante lourde de cet album lors d'accélérations bien senties. Pourtant ce qui caractérise finalement ce release c'est un tempo plus lent que ses petits camarades de jeu de l'époque (en début de course au speed).

Eric Wagner a la grande classe, un timbre faisant penser à Robert Plant version un peu plus rauque. Il apporte un véritable plus par ses lignes mélodiques sobres, des montées dans les aigus sans tomber dans les infâmes cris de tarlouses caractéristiques des 80's ou dans le Candlemass (ou voir pire le mauvais gout vocal à la Cirith Ungol). La sobriété est d'ailleurs ce qui rend ce disque encore appréciable. Bien sur il reste associé à une époque, sans pour autant être trop daté. Les solis, par exemple, classiques n'en font pas des tonnes et s'avèrent donc encore appréciables. La production, si elle est marquée 80's reste assez dense, notamment au niveau des guitares pour ne pas desservir ces compositions plus de 20 ans après. Je pense que ce son de guitare a du intéresser plus d'un thrasheur à l'époque.

Par contre il y a une sacré faute de gout avec ce second titre ("Assassin") qui transpire de tout ce que je déteste dans le metal... riffs du couplets ignobles et joyeux... il faut un « victim of the insane » et ses petites notes de guitare sur le couplet option fin du monde pour corriger le tir. L'orgue tapissant les montées de Eric Wagner ajoute la touche de désespoir caractérisant le titre. Superbe chorus de grattes au passage, classique certes, sonnant super bien, la classe... .gros feeling. Un titre énorme tout simplement maniant tous les tempos. « Revelation » commence plus comme un clin d'oeil au groove sabbathien (groupe dont il ne faut pas oublier les racines blues). L'excellent « bastard will pay » a une coloration thrash et permet une fois de plus aux gratteux de nous gratifier de quelques plans sobres servi par un superbe feeling... avant de tomber dans le pur riff doom. « Fall of lucifer » est plus standard, un ton en dessous, par son coté mélodique plus daté et c'est la fin aux allures de Black Sabbath et les solistes qui récupèrent un peu les choses. « endtime » est un instrumental, que je connaissais déjà car repris par Confessor sur son premier album. Pas grand-chose à dire, béton. Trouble déploie tout son potentiel, en dehors de la voix, et sa personnalité. Superbe soli un peu psyche, super groove. Lourdeur apocalyptique avant riff de basse... et on repart... Eric Wagner revient pour le dernier titre mordant... Le 9ème titre est une reprise de Cream... pourquoi pas... un peu hors sujet.

Les albums suivants seront dans cette veine, confidentiels donc face à la montée du thrash etc. Quelques bons titres (« run to the light » par exemple), l'album « the skull » est pas mal, mais Trouble va finir par devenir plus inégal et par produire une musique sonnant plus datée vu d'aujourd'hui du fait d'un coté moins personnel. Par contre je vous encourage à vous balader dans cette discographie. Le groupe amorce ensuite une période plus psychédélique/groove dès « manic frustration », période qui influencera d'autres groupes (la clique stoner, alice in chains etc) avec des albums pas toujours heureux (« plastic green head » un peu retour aux sources mais bof). Toujours est-il que ce premier album ainsi que le suivant, « The Skull », sont les releases les plus doom de Trouble. Un groupe culte, vraiment...

Un classique du doom donc, tenant largement la route... .du metal comme ça j'en redemande... beaucoup de haut, un peu de bas...