The haunted - The haunted made me do it - 2000 (Earache)

Tracklisting:
1. Dark Intentions
2. Bury Your Dead
3. Trespass
4. Leech
5. Hollow Ground
6. Revelation
7. The World Burns
8. Human Debris
9. Silencer
10. Under The Surface
11. Victim Iced

4/20

Sorte de pionnier du "revival" thrash, (version suédoise) des années 2000, The Haunted a construit sa réputation avec cet album qu’on peut aujourd’hui considérer comme leur principal fait d’armes. Un peu comme Quentin Tarantino, The Haunted s’est fait une spécialité de puiser généreusement son inspiration dans le passé, avant d’y ajouter divers ingrédients édulcorants destinés à codifier, lisser, styliser, esthétiser à outrance le résultat final, bref le rendre méconaissable. Pas la peine d’entretenir le suspense, cet album n’est qu’un condensé de riffs gentiment mélodieux et surtout répétitifs gonflés à la distorsion et à l’équalizer puis enrobés de vocaux enragés histoire de rappeler à l’acheteur potentiel que c’est suédois, donc à la mode, in. Ces riffs qu’on peut qualifier de chutes de studio du gratteux d’At The Gates et pour cause, sont méthodiquement mis bout à bout et entassés dans des petites chansonnettes thrashysantes bien formatées pour le jeune public, qui se reconnaîtra sans peine dans ces hymnes au mal de vivre... suédois bien sur. Par dessus tout ça, la voix tonitruante d’un chanteur motivé et pro, polyvalent, capable de grognements death comme de mélopées de crooner mais surtout pas convaincant ni communicatif pour autant. Chaque seconde de cet album transpire ce qu’on nous vante comme le savoir faire et le professionnalisme à la scandinave mais qui ne sera jamais qu’une excuse pour un manque total de spontanéité remplacé par une efficacité froide. L’ordre des morceaux fait l’objet d’un choix stratégique, les variations de tempo tombent pile poil où on les attend, comme par magie. Ça va sans dire mais la production est à l’avenant, conçue pour raboter les angles, réduire au plus petit dénominateur commun des acheteurs potentiels et ressembler aux autres productions du moment.
En résumé cet album n’est qu’un vaste plan de pompage de fric dont la substance molle du genou ne valait sûrement pas tout le battage qui a été fait autour à sa sortie. The Haunted n’est qu’un petit groupe de heavy rock déguisé, une version édulcorée du thrash calibrée pour plaire à un public de petits bourgeois blasés. Oser comparer ce truc infâme à Slayer, comme j’ai souvent lu à l’époque, c’est comme vouloir chercher un lien de parenté entre GBH et Greenday, c’est dit !