THE MOON LAY HIDDEN BENEATH A CLOUD - 1993 ( Arthur Round Table )

 

13/20

Duo autrichien, basé sur la voix de Alzbeth et les samples/compo de Albin Julius, The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud est à mon sens un groupe de référence qui de, à priori, descendant lointain et bâtard de Dead Can Dance a crée sa patte bien spéciale dés le départ.

Européen dans l’âme, le groupe a d’abord démarré en axant sa musique, ses évocations, ses textes et son design dans un registre médiéval. Leur musique assez morbide pouvait prendre une figure assez angoissante, suintant l’obscurantisme : une sorte de 3ème voie contrastant avec l’approche heroico-epiquo de truc à la BO de film ou l’approche plus musique religieuse de cette époque.

“Our interests were mostly turned towards the every-day life of the simple people; of them we don't learn at school, but their lives are often much more thrilling and explorable than those of famous personalities. While doing the lyrics I tried to imagine as identical as possible, led by specialised literature, what the perception of those people must have been like, a difficult enough enterprise for a child of the late 20.century - who can imagine the voices of the wild animals at night of that time - and even worse - the fear they caused in the peasants souls?
In reading myself through the epoch I found some interesting coherences that are worth taking a closer look.
The medieval period expresses a great morbidity that's entailed by the situation of the 'society' at the dusk of the Middle Age: People had just come over the invasions of the eastern tribes, the Roman Empire saw it's decline and Europe was left to it's own; local spirits and ways of thinking could establish again, the circumstances resembled the periods before the roman conquest.
This feeling of being isolated and the lack of scientific knowledge must have caused the unique ways of perception these people must have had....”


Si TMLHBAC utilise (voir même a construit) des instruments utilisés à l’époque, le but n’est pas de reproduire exactement la musique telle que pratiquée au Haut Moyen Age loin de là. C’est en ce sens que j’ai parlé de descendant de Dead Can Dance. Le but est plus d’interpréter une perception de l’époque en l’occurrence celle exposée ci-dessus. Bon pas la peine non plus de ses branler les méninges des heures pour apprécier le groupe, c’est très direct et simple à écouter. Les titres sont presque tous basés sur une unique trame minimaliste (avec de bonnes variations de chants). C’est justement ce qui fait la force du groupe. Si on trouve des plages ambiantes parfois bizarre, elles sont alternées avec des titres avec les voix entêtantes d’Alzbeth basées sur des mélodies très efficaces. Alzbeth peut décliner plusieurs registres du parlé à la voix presque religieuses et mélodique à des intonations plus rageuses. Par ailleurs elle n’hésite pas à poser plusieurs lignes simultanément. Au final, imho, c’est une très bonne chanteuse au style bien spécial.

L’album démarre sur des trompettes « rutilantes » mais crédibles, c’est un point important, on est en présence d’un groupe appliquée bref pas de Bontempi style ou je ne sais quel blague en vigueur dans le BM ou ce genre de truc. Le deuxième titre (TMLHBAC ne nomme jamais ses titres), grâce à la voix d’Alzbeth déclinée en plusieurs couches, porte une ambiance plus éthérée. Le titre suivant couvre un feeling différent presque entraînant pour s’achever vers un petit air de flûtes rythmé de timpani. Cela permet de poser un violent contraste avec une plage carrément angoissantes (comme la plage 7 d’ ailleurs, mais cette fois-ci grâce aux voix de Alzbeth). L’album reste plutôt axée ambiant, même dans les titres avec voix et on ne trouve pas de « stand out » comme sur les suivants. Au final, je trouve l’album à peu près réussi mais ce n’est pas celui que j’écoute le plus ni que je préfère. En effet s’il s’aborde vraiment dans sa globalité et demande un effort certes bien récompensé, l’atmosphère glauque s’en dégageant nécessite d’être dans le « mood » adéquat surtout pour la fin du disque qui prend des allures de délires hallucinatoires !

Bon j’espère que vous l’aurez compris, le groupe passe par plusieurs feelings tout au long de ces 10 titres avec une énorme personnalité et une efficacité et une crédibilité presque sans faille. Et ça c’est du talent tout simplement, ils sont à fond sans ce qu’ils font et cela s’entend…un début prometteur en somme !