SLEEP - Jerusalem (ou Dopesmoker) - 1999 ( Rise Above )

Track Listing :

1. Jerusalem

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Bon, je vais vous parler un peu de moi en préambule. Je crois l'avoir déjà fait dans une chro récemment, mais je dois vous expliquer que quand j'étais petit, en train de faire mes premières armes dans le metal, j'ai très rapidement accroché à 2 groupes du fait de leur lourdeur et de leur son. Le premier est Obituary, leurs riffs lents, notamment du chiantissime mais si jouissif album «The End Complete», le grain de Trevor Perez qui résonne en figeant le temps, en l'écrasant plus précisément. Le second est Cathedral, son premier album dantesque et le ep «soul sacrifice» où l'excellent «frozen rapture» ouvre sur un accord répété plusieurs fois, lentement, grassement plein de disto...tellement bon que je pouvais me repasser juste l'intro plusieurs fois d'affilée pour regouter à cet accord plaqué lourdement.

Fort de cet amour, qui m'a amené entre autre au funeral doom, au drone (et je pense aussi à l'ambiant) etc, je dois avouer être bon public d'un album comme ce Jerusalem. Prenez les 3 allumés de Sleep, auteur de «Holy Montain», un revival Black Sabbath dégoulinant d'huile de cannabis, gras comme une tête de white widow, hypnotique comme un gros pétard une journée de canicule, groovant comme un pachyderme en patte d'eph. Faites leur enregistrer un long titre monolithique avec Bill Anderson aux manettes et voila le résultat. Le gras des guitares me plonge dans une torpeur délectable, le grain, le sustain poussent à monter le volume pour s'agenouiller devant l'énorme riff d'intro, espèce d'hybride entre stoner et drone doom. Voila Stoner drone doom est l'adjectif qui conviendrait à ce truc de presque une heure. Monolithique pour sur, ce titre n'en est pas moins diversifié en ce sens qu'il a ses quelques breaks, ses quelques soli, son passage groovy mais le tout étiré sur une heure. Cela donne par ailleurs un coté pas désagréable «on tape le boeuf» à tout ça.

Les lyrics tapent dans le mille, évocation d'une traversée du désert à la recherche de la sainte weed...drop out of life with bong in hand...follow the smoke to the riff filled land. Bien vu et adapté.

Reconnaissons qu'il serait dommage de résumer Sleep à ce release, les non initiés doivent plutôt écouter «Holy Mountain» où Sleep, au début des 90's, a parachever la résurrection de Black Sabbath de sa tombe à coup de bong. Beaucoup plus diversifié, il dévoile plus de facettes que ce Jerusalem. Jerusalem que certains pourront qualifier de dispensable, et je ne me disputerais pas sur ce point, car il y a un petit coté marathon confirmant qu'on est pas non plus en présence d'un coup de génie ou d'un véritable album concept basé autour d'un titre tellement riche qu'il doit s'étirer sur une heure. D'autres hurleront au culte, et là encore je ne pourrais m'opposer.

A noter qu'il existe 2 éditions, celle-ci, splittant le tout en 6 titres et une autre plus justement appelé «dopesmoker», sorti en 2003, faisant figurer l'engin en 1seul titre (et un bonus je crois).