Sadus - A vision of misery - 1992 (Roadrunner)

Tracklisting:
01. Through The Eyes Of Greed
02. Valley Of Dry Bones
03. Machines
04. Slave To Misery
05. Throwing Away The Day
06. Facelift
07. Deceptive Perceptive
08. Under The Knife
09. Echoes Of Forever

9/20

Sadus ? Ha ouais, le groupe de Steve DiGiorgio. Voilà en gros la réaction qu'on peut attendre dès qu'on cite le nom de Sadus, éternel groupe de seconde division s'il en est. Même si je n'ai franchement rien contre Sadus, et que je suis loin de connaître toute leur carrière et de posséder toute leur discographie, j'ai du mal à imaginer comment il pourrait en être autrement. Sadus c'est un groupe de vétérans du thrash/death, des vraies bêtes de concours au pédigrée impressionnant et qui n'ont pas grand monde à craindre en tant qu'instrumentistes. Mais leur musique est chiante, rien à faire c'est comme ça. A Vision Of Misery est un parfait exemple de thrash technique mâtiné de death, genre qui avait plus la cote en 92 qu'aujourd'hui. Les vocaux sont comme ils doivent l'être dans ce style, à savoir suraigus et crispants, la basse est bien évidemment fretless et elle claque presque autant que la batterie, les solos sont très rapides et mélodiques et les riffs sont tarabiscotés au possible. Tout ceci est interprété de main de maître et la production de Bill Metoyer (remember Haunting The Chapel de Slayer) met en valeur chaque instrument, au détriment de l'intensité mais c'était sa marque de fabrique à l'époque. Ou est le problème, alors ? Et bien déjà dans le son général qui comme je l'ai dit est bien trop clair et léger, creux en quelque sorte. Ensuite il y a la voix qui est franchement irritante à sans arrêt forcer dans le suraigu, certes c'est une constante dans ce style mais là c'est vraiment poussé à l'extrême je trouve. Et pour finir, et c'est peut être le plus problématique le songwriting pêche par un manque flagrant de personnalité ce qui est d'autant plus dur à pardonner que les musiciens sont tous des monstres sur le plan technique. Les riffs s'enchaînent à la vitesse d'une tronçonneuse au taquet, il y en a plein dans chaque morceau mais ils se ressemblent tous et ont trop tendance à servir du réchauffé, une sorte de pot pourri de ce qu'on pouvait entendre chez d'autres, que la technique des zicos tente vainement de faire passer pour de l'originalité. Du coup peu importe que les tempos soient variés, la sensation de linéarité envahit l'auditeur telle le marchand de sable annonciateur du sommeil profond ou l'inspecteur Derrick si vous préférez, et on s'emmerde royalement dès le 3ème titre. Ce skeud n'est pas foncièrement mauvais, juste complètement stérile et seuls les apprentis musiciens y trouveront éventuellement un intérêt.