SOD - Speak english or die - 1985 (Megaforce)

Tracklisting:
1. March Of The S.O.D.
2. Sargent 'D' & The S.O.D.
3. Kill Yourself
4. Milano Mosh
5. Speak English Or Die
6. United Forces
7. Chromatic Death
8. Pi Alpha Nu
9. Anti-Procrastination Song
10. What's That Noise
11. Freddy Kreuger
12. Milk
13. Pre-Menstrual Princess Blues
14. Pussy Whipped
15. Fist Banging Mania
16. No Turning Back
17. Fuck The Middle East
18. Douche Crew
19. Hey Gordy!
20. The Ballad Of Jimi Hendrix
21. Diamonds And Rust (Extended Version)
22. Ram It Up

18/20

Vous le savez sûrement mais vous autres lecteurs fidèles de TSOTL vous savez qu’on vous prend pas pour des jambons et qu’ici le terme 'culte’ ne sera jamais galvaudé. Alors si comme moi vous pensez que Anthrax et Nuclear Assault sont deux des vieilles gloires du thrash qui ont le moins bien passé l’épreuve du temps, et que leurs membres sont des has-been plus ou moins assumés, et bien ce 1er SOD gonflé à la nitroglycérine vous apportera un sacré contre exemple ! Musicalement pas très crossover à mon goût, 'Speak English...’ ne conserve du hardcore que les vocaux de Billy Milano et un penchant pour le speed... partagé par le speed/thrash justement. Je dis « musicalement » parce que pour tout le reste, qu’il s’agisse de la production ou de l’attitude générale du groupe, on est à des années lumières des canons parfois kitsch du thrash de 1985. Sans complexe, SOD vire les clichés et le folklore, ne s’embarrasse pas plus de fioritures et autres subtilités, décape le metal jusqu’à n’en conserver que la substantifique moelle pour le propulser jusqu’à des dimensions alors inconnues. Le résultat d’une telle manipulation génétique ne pouvait être que sévèrement burné... si ce skeud n’a rien de grind musicalement, on peut par contre facilement faire des recoupes pour l’esprit (ce n’est pas un hasard si Dan Lilker sera des années plus tard le pilier de Brutal Truth). Loin de toute considération avant gardiste, cet album est un concentré d’énergie brute digne une centrale nucléaire. Un pur extrait de testostérone brillamment mis en valeur par les soins du gourou Johnny Z (Jon 'Metallica’ Zazula bien sur) qui assure une production épurée et brutale à faire pâlir n’importe quelle daube scandinave over-polishée actuelle. Chaque instrument trouve naturellement sa place sur le spectre sonore pour un impact maximum. Personne ne s’encombre d’effet à l’exception peut être de Mr Lilker et sa basse distordue caractéristique. Scott Ian rappelle qu’il a été un des meilleurs gratteux rythmiques de sa génération tandis que son pote Charlie Benante alimente encore aujourd’hui le fameux débat sur l’invention des blast beats (sa performance dantesque sur 'Milk’). Mais l’âme de ce Scud ça restera toujours Milano. Son style parlé/braillé/hurlé n’a pas pris une seule ride et ses lyrics foncièrement politically incorrect non plus... losers, posers, suiveurs, situation au proche orient, immigration, tout y passe et ça se contente pas d’être encore actuel 30 ans après, non non faut aussi que ce soit dérangeant et le gars sait y faire. Bref pas la peine de s’étendre... ce SOD restera pour toujours l’album qui a décoincé le thrash, en repoussant les limites de la violence et surtout en bousillant tous les codes établis. Un MUST pour tout fan de thrash qui se respecte. Quant aux autres... "You are the douchecrew, You are the douchecrew, Fuck You!!!!"