RIPPING CORPSE - Dreaming with the dead - 1993 (Under one flag)

Tracklisting:
1 Sweetness 2 Dreaming with the Dead 3 Anti God 4 Glorious Depravity 5 Beyond Humanity 6 Feeling Pleasure through Pain 7 Through the Skin to the Soul 8 Rift of Hate 9 Deeper Demons 10 Sickness of Will 11 Chugging Pus 12 Seduction of the Innocent

9/20

Avant de se faire connaître et reconnaître avec Morbid Angel, Erik Rutan avait déjà bien écumé l'underground avec Ripping Corpse dont seul cet album est parvenu jusqu'à nous. Dans une scène déjà bien encombrée en 93, RC avait un style particulier qui leur permettait de ne pas trop sombrer dans la masse des prétendants à la 1ère division. L'écoute de cet album révèle hélas que c'est peut être aussi ce qui les a empêchés d'aller plus loin. RC naviguait entre 2 eaux. On reconnaît sans peine les tics caractéristiques de Rutan en rythmique comme en solo, mais le reste est plus inattendu : la voix de l'affreux Scott Ruth fait penser à un croisement entre Kam Lee (Massacre) et un chanteur de HxC tandis que le batteur a un jeu décousu et assez technique qui n'est pas sans rappeler Sadus. La basse va de la figuration à l'inaudible, ça règle son cas d'entrée.

Question de goût peut être mais le chant est assez indigeste. Le grain de voix est ce qu'il est, mais le placement rythmique tombe presque tout le temps à plat comme si le chanteur subissait la structure des morceaux au lieu de l'asseoir. Peut-on lui en vouloir d'ailleurs ? Les riffs semblent avoir été jetés au hasard les uns à la suite des autres, à l'exception éventuellement du 1er titre Sweetness. Je n'ai pourtant rien d'un partisan acharné du format traditionnel de la chanson, mais RC semble confondre absence d'ossature et complexité, et d'ailleurs pas si complexe que ça. Le groupe semble chercher à provoquer un effet brutal en essayant de surprendre l'auditeur par des breaks incessants, mais ce dernier a vite fait de se lasser de ces riffs qui se courent après comme un chien après sa queue. N'est pas Suffocation qui veut. Pourtant chaque titre possède de nombreux changements de tempo et de riffs, donc une certaine variété, mais sans fil directeur la monotonie s'installe quand même. En clair, RC n'est pas à la hauteur de son ambition d'égaler ses meilleurs pairs en composition et en exécution, mais n'a pas non plus le côté catchy et direct dont peuvent se prévaloir Cannibal Corpse, et pourquoi pas, le Immolation des débuts. Entre 2 eaux quoi...

Les grattes sont un peu à l'image de la voix, les soli surgissent n'importe où, n'importe comment, soit très rapides et courts à la Nocturnus (en moins bien) soit plus longs et 'flottants', identiques à ce que fait Rutan dans Hate Eternal aujourd'hui quoi. Là encore on aime ou pas. Moi j'aime pas !

Le bilan est assez mitigé au final et on ne recommandera cet album qu'au die-hard fan de Rutan. Lequel décidément n'aura jamais été meilleur que dans le groupe qui a fait de lui ce qu'il est aujourd'hui.