REVELATION - For The Sake Of No One - 2009 ( Shadow Kingdom )

Track Listing :

1. A Matter of Days
2. Offset
3. Canyons
4. On a Promontory
5. The Whisper Stream
6. Vigil
7. For the Sake of No One

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Pierre angulaire de la scene doom du Maryland, Revelation aura connu 2 eres, 1986 à 1993 avec John Brenner au chant et à la gratte, puis suite à son départ et jusqu'en 2007 l'ere ou Dennis Cornelius le remplace et enfin depuis 2007 le retour de John et la sortie de 2 album à savoir « release » et en 2009 ce « for the sake of no one ».

Revelation pourrait aussi être une pierre angulaire du doom US tout court. Trainant ses guêtres depuis un bout de temps, formé en 1985 suite au renvoi de John Brenner du groupe Have Mercy et renommé Revelation en 1986 en référence à un titre de Trouble, le groupe fut cité en influence par Warning. Il a fallu la passion de Lee Dorian suite au départ de Napalm Death pour sortie le 1er album « salvation's answer » sur son label Rise Above en 1991. Assez rapidement ensuite alors même que Dennis Cornelius venait de rejoindre le groupe, John se casse et laisse la barre à Dennis. Le retour de John, en parallèle à la création du prolixe Against Nature avec Bert (bassiste des 2 groupes), a vu la sortie de « release » en 2007 considéré comme un grand retour et de l'objet du délit en 2009.

Si on trace la route parcourue entre leur 1er unreleased (reeditié en 2009 par Church Within) et ce « for the sake of no one », certains faits sont flagrants. Outre les gros progrés des vocaux (un point faible à l'époque), exit les quelques riffs un peu thrashy, reliquat du passage de John chez Have Mercy, exit le coté The Obsessed et Pentagram. « For the sake of no one » s'il est doom à coup sur s'avère moins metal, plus organique. Un autre aspect est ce coté quasi intimiste, parfois limite chaleureux (du aux soli). Si les morceaux sont assez longs de prime abord, la musique de Revelation est moins aride que ne le laisse penser la première écoute. Des riffs résolument doom côtoient des sorties plus rock et parfois un peu progressives (pas au sens 70's du terme). Les solis sobres font la part belle au feeling et je ne peux que citer Brenner qui dit qu'ils essaient parfois de faire du « Black Sabbath meets Rush ». Evoquons le blues aussi, de part les évocations plaintives de Brenner mais aussi tout simplement musicalement. Le feeling est de mise, le touché de guitare, mais aussi le boulot de Bert à la basse. La batterie et la simplicité du tout contribue au coté organique. Les compos s'étirent pas mal et tout l'album fait preuve d'une certaine langueur (parfois longueur soyons honnête). Même si certains riffs sont très doom, la sobriété de l'interprétation donne un coté un peu "ouaté" à la musique. Plusieurs écoutes sont nécessaires avant de saisir la justesse et la relative variété du propos, austère et pas toujours palpitant. On goute régulièrement à du riffing simple ultra efficace (flagrant sur les débuts de « matter of days », ou « offset » qui permettent par ailleurs de gouter au timbre plaintif de John Brenner). Les guitares sont parfois doublées, discrètement mais, sans qu'on s'en rende compte cela ajoute vraiment une dimension.

Ici bas, pas de métaphores religieuses, pas de fin du monde, juste du doom rock contemplatif. Si vous êtes du genre à aimer vous perdre dans vos pensées en regardant un paysage genre grandes plaines au pied des rocheuses, Revelation est là pour vous.