PUNGENT STENCH - Extreme Deformity - 1989 ( Nuclear Blast )

Track Listing :

1. Extreme deformity
2. Mucous Secretion
3. Molecular Disembowlment

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Groupe vraiment à part, Pungent Stench n'évoque plus récemment que l'enrobage design/lyrics dérangés au détriment de la musique de qualité pratiquée par le groupe au début des 90's. Sortons donc du revival death old school actuel pour nous replonger à cette époque bénie où vous passiez des heures à copier des cassettes et à tenter de déchiffrer des tracks lists écrites à la main.

Pungent Stench avait marqué à la scène death européenne de par son style brutal, limite grind (à la Scum/FETO) et sans compromis dés la démo « mucous secretion » de 1988. Si ces fines heures ne sont pas forcement les plus mémorables du death, sans pour autant être mauvaises loin de là, les plus vieux se rappellent forcement le split avec les déjantés de Disharmonic Orchestra, eux aussi au style moins personnel que par la suite, et eux aussi catalogués death /grind à leur début. Les mêmes anciens, se rappelleront forcement aussi, en discutant entre eux sur le banc du village, de l'ep « extreme deformity ».

Démarrant sur un des titres phares de Pungent Stench, celui là même qui ouvrait magistralement leur démo de 1988, cet ep permet de tâter d'un pungent stench en devenir. Le sens du groove si typique du groupe, initié dès la démo, apparait à l'état brut. Il faut en effet attendre « Molecular disembowelment » pour passer outre les parties grindcore à la FETO et gouter au Pungent Stench de "for god your soul...". De même pour le coté décalé, ces 2 facettes arrivant à maturité sur le second album très recommandable « been caught buttering... ». Bref Pungent Stench déploie ici bas un style crade, parfois lourd avec la voix dérangée de Martin Shirenc, pas encore aussi agressive que par la suite. Quelques riffs heavy mémorables, une attitude punk et sans compromis (l'intro de « Molecular disembowelment » en atteste). Le tout saupoudré de soli avec le son et l'esprit malsain des débuts de Carcass. Pas que les soli en fait, assez grind dans ses parties rapides, on pense à FETO, les parties mid tempo évoquent à la marge le Carcass du second album.

« Extreme deformity » avait permis à Pungent de faire un split avec Benediction, et une tournée avec eux avait suivi pour soutenir le premier Lp en 1990 mes souvenirs sont bons. Un timing un peu tardif et des affiches de tournées par super affriolantes à une époque voyant l'apogée du death metal (l'hubris avant la nemesis), ont injustement cantonné Pungent Stench au statut de second couteau. Assez rageant alors même que cette période de Pungent Stench montre une personnalité prononcée et une ambiance unique. Pungent Stench était loin d'être un groupe de death de plus et a apporté sa touche au style. Je pense aussi que le groupe a été trop résumé à ces excellentes pochettes alors même qu'il avait beaucoup plus à offrir et ce dés 1991 (la même année que « blessed are the sick ») avec « been caugth buttering » qui reste pour moi le point d'orgue de Pungent Stench, à ranger sur cet album parmi les fines heures du death metal. Un autre point qui n'a pas aidé le groupe réside dans le son et la production, bons, mais loin du délire Morrisound-ien de l'époque. Plus cru et tranchant coté guitare.

Si cet ep satisfera les amateurs de sauvagerie crue, force est d'avouer que dans ses parties brutales le groupe n'excellait pas aussi bien en terme de qualité que d'originalité. Autant être honnête, avant son 2eme lp, Pungent Stench était un peu victime d'une propension à l'inconstance en termes de qualité. N'en reste pas moins un ep marquant et brutal, en progrès par rapport au split avec Disharmonic Orchestra, pavant la voie vers des releases plus ambitieux. Et quand bien même l'histoire a logiquement retenu d'autres releases, cet ep porte en lui la quintessence du grind death metal. A défaut de présenter un pungent stench sortant du lot.