Purulence / Amayon - split CD - 1993 (Adipocere)

Tracklisting:
Purulence (Can):
1. Devoted to Lunacy
2. In Harmony with the Deceased
3. Inhaling the Souls
4. Sinking into Transparency

Amaymon (Fra):
1. Intro
2. Buried and Forgotten
3. Evil Prevails, the Rapture
4. Shemhamphorash
5. The Goetic Belief

13/20 / 11/20

Devant la marée, certes appréciable au regard de ce que devenait le metal, de groupes revival old school, je préfère cependant, tel que je l'ai toujours plus ou moins fait, creuser les limbes du temps. Pourquoi s'adonner au 10ème groupe en appelant au vieux death finlandais alors qu'on peut directement écouter Abhorrence ? Pourquoi écouter des groupes qui pompent et auraient été à l'époque considérés comme seconde voir troisième zone. Et pour le coup l'âge d'internet est appréciable pour exhumer ces vieilles démos et ep aujourd'hui introuvables. Je conviens que certains groupes récents apportent des choses en n'étant pas bêtement rétrogrades et ajoutent une réelle attitude dans leur musique... mais bon quand j'entends Swallowed ou d'autres, on est dans le rip off pur et simple...

Bref... aujourd'hui une virée principalement canadienne avec ce split ou apparait Purulence au logo et cover bien originaux (sic). Pas gagné pour Purulence à l'écoute de leur démo « atrocious execration » de 1991 bien classique, en ce temps ou le death devenait un style saturé. De bonnes capacités instrumentales, sans aucun doute, mais au service de compositions ni bonnes ni mauvaises, mais surtout pas vraiment personnelles... bref on fait ses armes. Tout comme un certain Pierre Rémillard (jouant aussi dans Obliveon on l'oublie souvent) au potard qui dote le tout d'une bonne qualité pour l'époque (et pour maintenant aussi). C'est avec douleur que mes oreilles se remémorent les démos option soupe stridents, surtout sud américaine, qui les ont détruit ces années là. Ce genre de prod était appréciable.

1992 voit un changement de style arriver... Suffocation avait marqué les esprits au Canada et une compétition (remember les débuts de Cryptopsy) se lança... Purulence sur son ep « inverted decay » est dans la course, pas très bien placé... bref toujours aussi peu personnel, mais plus percutant par contre.

Vient ensuite l'objet du délit, toujours dans un optique brutale semi technique, Purulence fait preuve de plus de variété et d'un songwriting plus posé. On notera l'emploi de plus d'armes, soli, harmoniques à la Incantation, et surtout de passages plus lents et d'harmonisation/plan surement inspiré du Covenant de Morbid Angel. Bref des titres bien écrits et posant une certaine ambiance. Pour revenir à Covenant, qu'on voit injustement trop souvent comme un retour à Altars of Madness après un Blessed are the Sick tordu (et génialissime), cet album de Morbid Angel continue bel et bien dans l'expérimentation par l'usage de 7 cordes et titres/passages lents aux harmonies inédites avec pour point d'orgue un « gods of emptiness » de folie. On trouvera entre autres des riffs clairement annonciateurs de l'apport de Steeve Hurdle à Gorguts... Ah oui, j'ai oublié de préciser que Purulence est le groupe de Steeve Hurdle avant Gorguts. Bref là je pense clairement au titre composé en dernier pour cet ep à savoir l'excellent « sinking into transparency » qui se démarque du lot et ce à tous les niveaux (compos, riffs, batterie etc etc) et fait monter la pression d'un cran... soulignant le gros potentiel de Purulence. Potentiel bien appréhendé par Luc Lemay de Gorguts puisqu'il a débauché Steeve. Bref la face Purulence vous replongera dans du death école NY Suffocation d'époque un peu personnalisé, pas juste bêtement brutal mais aussi sombre. On goutera sporadiquement aussi les prémisses sympathiques d'un Gorguts version Steeve Hurdle. Bon loin de moi l'idée de faire de ce split un artefact incontournable du death metal . Ca reste classique mais tient la route encore aujourd'hui.

La face Amaymon maintenant, mouais, l'esprit est là, on sent l'envie de produire un death brutal et sauvage mais sombre aux sonorités plus occultes lors de passages lents (dark brutal death comme ils disaient). J'accroche moins car c'est assez linéaire et pas super personnel. Par contre, plus j'écoute plus je me dis qu'avec un son style Krisiun et plus de blast, Amaymon remporterait un bon succès aujourd'hui, des riffs bourrins qui n'aurait pas dépareillé sur « Unmerciful order » (dont les riffs n'aurait pas d'ailleurs dépareillé sur d'autres releases). A vous de voir... pour les amateurs de paris match, le gratteux de Amaymon est le boss d'Adipocere et le bassiste est l'homme derrière Akhenaton, Daemonium et le bien propret The seven gates.