Portal - Swarth - 2009 (Profound lore)

Tracklisting:
1.Swarth
2. Larvae
3. Illoomorpheme
4. The swayy
5. Writhen
6. Omenknow
7. Werships
8. Marityme

A l'instar des immondes chiens de tindalos, créatures contre nature surgissant d'angles spatio temporels improblables, Portal revient pour nous asséner sa musique grotesque. Un son tourbillonnant et suffoquant, pierre angulaire du malaise, sert de faire valoir aux riffs tordus, dissonants et chaotiques des épouvantails australiens. La voix horrifique du Curator émergeant du marasme de guitare, grassement dowtunée, magma noyant aussi la batterie, qui ne sert pas ici de métronome/base rythmique au morceau, mais suit, de façon plus ou moins audibles les guitares... il emerge de tout ceci une sorte de pulsation erratique...

Au premier abord moins sombre que « Outre », « Swarth » n'en contient pas moins ses noirceurs délectables, et véritables bouées de sauvetage au milieu de ce labyrinthe à déconseiller aux claustrophobes. Pour autant, sans retomber dans le « seepia », il me semble que Portal privilégie la schizophrénie, comprendre les riffs tarabiscotés de chez tarabiscotés, accentuant l'inintelligibilité, déjà grande, de leurs morceaux. Radicalisme ? Vue artistique élitiste ? Illustrations du vortex de folie qu'entrainerait la vue de Chthuluh lui même ? Attitude pédante confiant au gimmick, la question pourra se poser... mais quand je pense à la prise de tête que cela doit être de pondre « ça », je ne doute pas de la sincérité (ou plutôt de la folie) de la horde du Curator...

Et je me la suis quand même posé cette question après quelques écoutes qui m'ont un peu déçues, un départ en fanfare, jouissif même, qui m'a semblé tourner au sans queue ni tête sur « the swayy »ou au déjà entendu sur les accords ouverts qui éclatent vers 1'15... la persévérance a modéré ce point de vue notamment avec une 2eme moitié d'album plus simpliste (à laquelle on pourra reprocher d'être juste basée sur un « jeu », au sens de façon de délivrer des riffs, Portal). On se noie toujours avec déplaisir dans ce merdier, on se demande toujours à quoi cela peut bien rimer... mais là n'est pas la question, il faut parfois inverser ses repères... et on finit même par écouter l'engin en boucle à un volume non négligeable...

Alors oui, Portal ne se réinvente pas, parlons même d'interchangeabilité avec « Outre » (même si le son est différent et d'autres détails), et c'est ce qui tuera Portal... mais tel est l'essence de cette « musique » si particulière...