PENTAGRAM - Turn to stone - 1994 Peaceville

Tracklisting:
1 Petrified
2 Wartime
3 All Your Sins
4 Frustration
5 Burning Saviour
6 Sinister
7 Bride of Evil
8 When the Screams Come
9 Relentless
10 Vampyre Love
11 Evil Seed
12 The Ghoul
13 Wolf's Blood
14 Madman
15 20 Buck Spin
16 Death Row
17 Live Free and Burn

12/20

Sous ce patronyme générique se cache l'un des plus anciens groupes de heavy metal puisque formé en 1971 (!) en Virginie, sous l'impulsion du chanteur Bobby Liebling , seul constante de personnel depuis l'époque. Votre culture G n'étant pas forcément aussi infaillible que la mienne, on rappellera que Pentagram est aussi l'un des dinosaures du doom US des 80s aux côtés de Saint Vitus. Fait moins spectaculaire mais tout aussi inattendu, cet album en compile 3 autres sortis entre 85 et 94 alors qu'on a l'impression d'écouter les titres d'un seul skeud tant les différences de son et de production sont quasi inexistantes malgré la longue période balayée par ce best of.

Cette constance se retrouve aussi au niveau musical. D'ailleurs le seul truc pas trop mystérieux en rapport avec ce groupe est probablement l'origine du style qu'il pratique. Encore un peu de culture G : 71 c'est aussi l'année de sortie de Master Of Reality de Black Sabbath, album qu'on imagine sans peine avoir marqué à vie Liebling tant le style de Pentagram dérive de cet album... et, curieusement, d'aucun autre album de Sabbath. Mêmes riffs pesants sous accordés et monolithiques, même voix plaintive, même section rythmique massive... n'en jetez plus. Le seul élément significatif, mais crucial, qui finalement distingue Pentagram d'un tribute band est l'absence totale d'influence blues. Voilà pourquoi il faut parler de dérivé plutôt que de plagiat.

Dans les seventies Sabbath avait vécu une évolution très rapide qui s'est traduite par des albums très différents les uns des autres (mais tous indispensables, bande d'incultes). Comme s'ils sentaient que le Sab' avaient évolué trop vite et qu'il restait bien des choses à dire sur certaines de leur étapes, les Pentagram ont du rester bloqués sur l'une d'entre elles et choisir de la développer à fond. Ce qu'ils ont assumé au point d'être maintenant salués comme un des tous premiers représentants du doom metal.

Doom, le mot est lâché. De Sabbath, Pentagram conserve le son, on l'a vu. La mutation s'opère par le biais de la mélodie qui remplace l'influence blues (plus que chez St Vitus), et d'un songwritting axé sur la répétition (moins que chez St Vitus). Le tempo est bien sur lent en général, mais la vraie lenteur responsable de l'ambiance pesante est celle des enchaînements de riffs. Les variations de tempo ou de mélodie sont en effet rares et faibles, d'où ce monolithisme caractéristique du doom. On commence ici à dévier du triptyque couplet/refrain/solo et c'est en cela que le groupe s'éloigne de son influence pour toucher à quelque chose de plus primal et autrement plus sombre et néfaste. Un bon exemple comme le venimeux All Your Sins donne déjà une idée.

Mais ce qui fait l'originalité et la force de Pentagram fait aussi sa faiblesse. La monotonie devient inévitable au bout d'une demi heure et gâche le tableau. Comme déjà relevé, le son et la prod changent très peu tout au long de cette compile d'une durée déjà respectable et ça ne fait que renforcer cette monotonie. A leur décharge, il faut garder en tête que c'est une compile et que le choix des morceaux est arbitraire, par exemple il peut favoriser des morceaux plus heavy à d'autres qui apportent un peu plus de variété, comme l'excellent Relentless et son mid tempo très accrocheur.

Compte tenu de la nature du skeud il est donc difficile de donner un verdict définitif. Je m'en tiendrai au fait que pris individuellement tous les morceaux sont bons, le son et le style du groupe également. Pour le reste voyez vous-mêmes... après tout, Pentagram c'est culte.