PAINKILLER - Buried Secrets - 1991 (Metal blade)

Tracklisting:
1. Tortured souls
2. One-eyed pessary
3. Trailmarker
4. Blackhole dub
5. secrets
6. The ladder
7. Executioner
8. Black chamber
9. Skinned
9. The toll

16/20

Oubliez le coté fun et cartoon de Naked City (cf chronique par ailleurs sur TSOTL). En montant Painkiller avec Bill Laswell à la basse et Mick Harris (oui oui Napalm Death) à la batterie, le saxophoniste free jazz new yorkais que l'on qualifiera pudiquement de « déjanté » John Zorn perd en capacité musicale (harris n'est pas le roi de l'impro) et en versatilité mais gagne en bourrinerie et froideur. Pour preuve ces clins d'oil à des titres à la « dead » de napalm death avec « trailmarker » ou « the ladder ». Le sax est n'est quasi utilisé que pour évoquer des hurlements, et quand il finit par un plan pur jazz sur « one eye pessary » c'est la grande classe. La batterie ne manque pas de blaster et c'est la basse, chargé de saturation, qui sert d'ossature mécanique et injectant, Laswell oblige, un feeling dub, coté bien plus présent (et qui le sera encore plus sur l'album suivant « execution ground »). Cet album assez sinistre fait perdre à Painkiller un coté parfois anecdotique pour gagner en crédibilité. A notez que la présence de Godflesh (période Broadrick & Green) en invité sur 2 supers titres (vous les reconnaitrez tant la patte godflesh est présente) explique surement l'ambiance un peu indus qui règne sur l'album.

Plus réussi et structuré que « guts of a virgin », qui faisait office de prise de contact entre les musiciens (ces albums sont plutôt les fruits de boufs entre les zicos, en fait le 1er album est tout simplement un bouf d'une nuit), cet album montre une meilleur entente entre tout ce petit monde 4 mois après le 1er contact. On sort un peu du coté Zorn + Laswell + Harris pour passer à Zorn & Laswell & Harris si vous voyez ce que je veux dire. Par contre, « Buried Secrets » est plus monodimensionnel que « Guts of a virgin » qui savait parfois groover (le titre « portent » ou « dr phibes » étant des exemples typiques) et exploiter d'autres facettes du saxo de Zorn que la torture. « Buried Secrets » reste extrême, voir physique, sans véritables titres catchy (quoique), mais avec une ambiance (sinistre) plus palpable et réussie. Assez divers quand on pense qu'on passe du dub au blast grindcore cacophinique, cet album Painkiller n'en reste pas moins un truc brut, un peu retors à avaler. Par contre il a sa réelle valeur, et n'est pas réservé à une élite qui aime se la jouer arty. De là jettez donc aussi une oreille sur « guts of a virgin » qui contient ses moments et finit par être aussi « plaisant » que « buried secrets ». Après ces 2 albums violents, la route bifurqua, pour schématiser, vers le style plus groove/ambiant pour cétacés avec le 3 eme et dernier album studio « execution ground ». A noter pour les curieux, l'existence de 3 live, « rituals » (période "grind") et « live in osaka » puis « live in nagoya » période « execution ground ».