Ozzy Osbourne - Diary of a madman - 1981 (Jet)

Track-listing :
1. Over The Mountain
2. Flying High Again
3. You Can't Kill Rock And Roll
4. Believer
5. Little Dolls
6. Tonight
7. S.A.T.O
8. Diary Of A Madman

18/20

Après le succès de Blizzard Of Ozz, une tournée mémorable et (déjà !) des changements de line up, le groupe retourne en studio (avec le même line up que pour le LP précédent toutefois). Se connaissant désormais mieux, le groupe va se lâcher davantage côté compositions, rompant avec le côté roots du 1er skeud. Si celui-ci était l'album à tubes (Crazy Train en tête) dont avait besoin Ozzy Osbourne pour se faire un nom en solo, Diary Of A Madman s'avère plus homogène et surtout plus aventureux. Randy Rhoads explose, littéralement. Accordée un peu plus bas, sa guitare prend une tonalité moins tranchante, plus sombre, et se fend d'une rythmique sabbathienne, au picking presque speed/thrash, sur l'ultra péchu Over The Mountain, aussi puissant et entraînant que complexe. Plus loin, le fantôme du Sab' revient planner quelque peu sur Believer et son riff dans la veine du fameux morceau éponyme de Black Sabbath, mais avec un sens mélodique démultiplié. Le groupe n'a pas tiré un trait sur la diversité du 1er album, Flying High Again est un rocker ultime, dédié à la passion d'Ozzy pour les joints et assené avec une classe totale et juste ce qu'il faut d'effets pour littéralement décoller. La rythmique pulse avec force, les riffs groovent, les solos et la voix magique du Madman vous emmènent plus haut, yeah !! L'alchimie entre la guitare, la voix, les paroles, le songwritting, est simplement miraculeuse, la cohésion globale incroyable. You Can't Kill Rock'n'Roll, chante Ozzy : comment ne pas le croire à l'écoute d'un morceau pareil ? Le bonhomme a beau être un pauvre défoncé à moitié analphabète, il sait de quoi il parle. Comme sur Tonight, sorte de power ballad de prime abord enjouée et entraînante, mais aussi miroir d'une mélancolie et d'une lassitude sans fond, où les lignes d'Ozzy n'ont franchement rien à envier à Lennon, Tyler ou Mercury, prouvant par la même qu'il est un des plus grands mélodistes du rock. L'album se termine sur le morceau éponyme qui enfonce le clou, et même pulvérise toute la putain de planche. Led Zep a son Stairway To Heaven, Queen a son Bohemian Rhapsody, et Ozzy a son Diary Of A Madman. LE titre d'anthologie, des années lumières devant le presque radio friendly Crazy Train. Un arpège d'intro inspiré par Mozart, puis un autre bien plus inquiétant et étrange ou Ozzy hulule à propos de son exploration avancée de la démence, avant un pur riff en acier trempé que n'aurait pas renié un Brian May sous speed. Tout ça agrémenté d'un choeur, d'un court solo de folie, avant le cri d'alarme final « save me from myself, set me free! ». Ultime.

Cet album est le chef d'oeuvre d'Ozzy en solo. Je ne mets pas la note maximale pour une raison : il y a un titre, SATO, franchement loin en dessous de tous les autres et qui me parait le seul avoir mal vieilli avec son riff Maiden-esque qu'on croirait repompé de Quiet Riot par Rhoads. Ce n'est donc pas le sans faute total, mais franchement...

L'année suivante, en 1982, le rêve prend fin avec un crash d'avion : Rhoads meurt à tout juste 25 balais. Osbourne saura toujours s'entourer des meilleurs musiciens, mais ne retrouvera jamais la même alchimie, plongeant à la place dans un son américain très stéréotypé et dans une période pailletes/permanente décolorée/rock star défoncée et obèse où le pire côtoiera le très bon mais c'est une autre histoire.