Nile - In the beginning - 2000 (Relapse records)

Track-listing :
1. Divine Intent
2. The Black Hand Of Set
3. Wrought
4. Immortality Through Art
5. Extinct
6. The Howling Of The Jinn
7. Ramses Bringer Of War
8. Die Rache Krieg Lied Der Assyriche

16/20

En étant un peu méchant, je pourrais dire qu'il suffit de posséder cette compilation regroupant les deux démos de Nile (Festivals of Atonement de 1995 et Ramses Bringer of War de 1997), plus n'importe lequel des albums sortis depuis, pour parfaitement connaître le répertoire de Nile... on n'argumentera pas sur la créativité à long terme du groupe ici, mais il est vrai que ces 2 démos contiennent déjà presque tout le réservoir d'idées qui leur a permis de perdurer en s'appuyant sur une recette désormais bien connue. Les guitares sont identifiables dès les premiers accords de 'Divine Intent' : downtunées, grasses, toutes en power chords, un rien péplumesques et grandiloquentes. Ambiance pesante pour intro jouissive, et le reste s'écoute avec le même plaisir. Avec le recul cette première démo est le release le plus particulier du groupe : c'est le plus progressif, dans le sens où les arrangements sont très soignés, les claviers ne sont pas là que pour faire joli et apportent une vraie ambiance aux riffs surpuissants de Karl Sanders, et surtout la voix agressive mais presque claire, voire parfois presque mélodique, n'ont pas grand chose à voir avec le reste de la discographie. Tout ça rend cette musique vraiment originale, les grattes ne sont pas hyper rapides ou compliquées mais sonnent bien, de même pour le batteur qui n'abuse pas encore des triggers et joue plutôt sur la puissance et la lourdeur, le tout extrêmement bien mis en valeur par une production organique, riche et vraiment puissante qui n'a rien à envier aux albums suivants. La lourdeur crépusculaire des guitares, couplées aux interventions de claviers, créent un feeling "ancient" qui colle parfaitement à l'atmosphère de ce metal antique et mystérieux. Le titre final 'Extinct' est un pur régal, on se croit plongé dans un mini film où on assiste à la chute épique d'un grand empire dans l'oubli, ou un truc du genre. Excellent !

La seconde démo est par contre beaucoup plus proche, pour ne pas dire quasi identique au Nile actuel. Les claviers et samples sont toujours là, mais le côté atmosphérique plus en retrait. Les riffs et les mélodies sont grossièrement les mêmes qu'avant, mais le groupe s'est lancé dans la course à la vitesse... et n'en est plus jamais sorti depuis. Le batteur, qui a maintenant adopté la technique du blast beat, compense une maîtrise "jeune" en optant pour un son synthétique, aigu et agressif très typé. Le guitariste, lui aussi obsédé par le shredding, tente clairement de repousser ses limites techniques plutôt que de bien sonner : certains passages sont donc à la limite de l'inintelligible (The Howling Of The Jinn assez bordélique), mais ça impressionne le quidam. Le songwritting n'est cependant pas totalement oublié : le morceau titre est à ce jour l'un des meilleurs du groupe, avec sa rythmique guerrière et ses arrangements belliqueux (genre tambours et trompettes de péplum, enfin en un peu plus crédible !). Le skeud se termine sur un morceau entièrement composé de samples et de synthés, avec les hurlements d'un débile mental glorifiant Pazuzu le démon des marais, mouais... distrayant sans plus... Cette deuxième démo est au final bien différente de la première mais reste très sympa à écouter, mais d'une certaine façon elle résume tout ce que je reproche au groupe dans la suite de sa carrière : l'obsession de la vitesse au détriment du songwritting, une formule musicale certes difficile à copier mais comme figée et immuable, et qui s'use à chaque nouvelle sortie... perso j'ai complètement lâché l'affaire après In Their Darkened Shrines. Peut être que j'y reviendrai peut être un jour, si Karl Sanders arrête de péter toujours plus haut que son cul dans ses inties.