MORTIFICATION -- Scrolls of the Megilloth -- 1992 ( Intense Records )

Track Listing :

1 Nocturnal
2 Terminate damnation
3 Eternal lamentation
4 Raise the chalice
5 Lymphosarcoma
6 Scrolls of the Megilloth
7 Death requiem
8 Necromanicide
9 Inflamed
10 Ancient prophecy

16/20

Il paraît que certains considèrent cet album comme un classique du death, ni plus ni moins. En tout cas, stylistiquement, il est irréprochable et très pur. Le son est puissant mais naturel, le grain des guitares net et incisif, les growls variés du criard au profond en passant par le colérique et par le gore. Le côté thrash du premier album a laissé place à une ambiance venue de quelque ancien monde mystérieux, obscure et secouée par de redoutables accélérations. En parlant de vitesse, sachez que la batterie de Jayson Sherlock ne cherche pas à battre des records, et encore moins à maintenir une intensité constante dans le rouge. Oh non. Ca c'est bon pour les stars de l'underground (oxymore ?). Sherlock est avant tout là pour tabasser, même si son jeu est parfois réellement intéressant, et il cogne sur tes tympans, pauvre auditeur. Non mais vous avez entendu la section rythmique sur le titre Lymphosarcoma ? On dirait un monstre qui vous attrape et qui fait de vous son jouet, cassant méthodiquement vos os un par un. Un vrai "hit" ce morceau, avec son riff dégueulasse et baveux se dandinant hilare, comme une tumeur maligne qui rirait de sa victime. On est alors à la limite d'un gore grind plus lent et construit, un titre tel qu'un groupe comme Pathologist aurait rêvé d'avoir à son répertoire, s'il en avait eu le niveau.

Du niveau, ici, il y en a. Mais on n'est pas dans l'esbrouffe. Beaucoup de passages vous sembleront bien primaires, réellement violents voire impitoyables, sans pour autant tomber dans la bouillie sous-produite où l'atmosphère fait tout. Si vous cherchez un peu de subtilité ou de mélodie, vous en trouverez. Mais tout ce qui est beau dans ce disque -- et le beau il faut vraiment le chercher -- est également moche d'une certaine manière, car déformé, décharné, vieilli, et presque hermétique. Les rares mélodies ne servent qu'à épaissir le mystère des ambiances. Les solos, excellents et souvent à rebrousse poil, accentuent le malaise. Ils servent certes un peu à aérer les titres, mais pas trop, juste assez en fait. En fait on ne saurait compter sur eux ni pour nous échapper un moment, ni pour nous décrire un décor féérique dont dégoulinent tout plein de beaux sentiments nostalgiques qui font vendre.

Ici on parle d'un disque sobre et viril, de bon gros death millésimé et d'un groupe qui a sorti au moins quelques bons albums.

Remarque : la pochette que vous voyez ci-contre est celle d'une compilation des deux albums Scrolls of the Megilloth et Post Momentary Affliction, sortie en 1996 par Nuclear Blast.